Les Récits de la Tradition

Talha Ibn ‘Ubaydullah (ra)


Louange à Allah, que la prière et le salut soient sur son prophète Mohamed sur sa famille et sur tous ceux qui le suivent jusqu’au jour de la résurrection.


L’Envoyé d’Allah (saw) était entouré de Compagnons nobles et pieux. Il a ainsi promis à certains d’entre eux le Paradis, à savoir : Abu Bakr As-Siddiq, ‘Umar Ibn Al-Khattâb, ‘Uthman Ibn ‘Affan, Ali Ibn Abi Talib, Talha Ibn ‘Ubaydullah, Zubair Ibn Al ‘Awam, Saad Ibn Abi Waqas, Saïd Ibn Zayd, Abu ‘Ubayda ‘Umar Ibn Jarâh et ‘Abderrahmane Ibn ‘Awf (qu’Allah les agrée).

Dans un Hadith rapporté par Tirmidhi, le Messager d’Allah (saw) a dit :

« Dix seront au Paradis : Abu Bakr sera au Paradis, ‘Umar sera au Paradis ainsi que ‘Uthman, ‘Ali, Az-Zubayr, Talha, ‘Abd ar-Rahman, Abu ‘Ubayda, Saad ibn Abi Waqas et le dixième je ne veux pas vous le dire. »
Ils ont insisté pour le savoir en lui demandant par deux fois : « Qui est le dixième ? »
La première fois il s’est tu et la deuxième fois il répondit : « C’est Saïd Ibn Zayd. »

(rapporté par Tirmidhi)

Nous allons raconter dans cette série, la Biographie de ces dix Compagnons concernés.


Talha Ibn ‘Ubaydullah (ra)

« Que celui qui aime voir un homme marcher sur terre en ayant accompli sa mission regarde Talha Ibn ‘Ubaydullah. »

(Muhammad, Messager d’Allah (saw))

Talha Ibn ‘Ubaydullah At-Taymî était en voyage commercial vers l’Assyrie dans une des caravanes de Quraysh. Quand la caravane arriva à la ville de Busrâ (Ville d’Assyrie située actuellement dans la région du Hauran au sud de la Syrie. Elle était célèbre chez les Arabes pour ses palais), les anciens de Quraysh se précipitèrent au marché de la ville, qui était plein, pour acheter et vendre. Et malgré le fait que Talha était jeune et ne possédait pas leur expérience du commerce, il avait néanmoins une grande intelligence et une perspicacité qui lui permirent de les concurrencer et d’effectuer les transactions les plus avantageuses.

Un jour, tandis que Talha se promenait dans ce marché grouillant de monde venant de tous horizons, un fait qui ne changera pas seulement le cours de sa vie mais également celui de l’histoire se produisit. Laissons la parole à Talha afin qu’il nous raconte son histoire pour le moins intéressante :

« Alors que nous étions au marché de Busrâ, raconte Talha, un moine se mit à appeler les gens :
« Marchands », dit-il, « Demandez aux gens de cette maison, y-a-t-il parmi eux quelqu’un de La Mecque ? »
Talha poursuit : « Vu que j’étais près de lui, j’accourus à sa rencontre et dis : « Oui moi, je viens de La Mecque ».
« Ahmad est-il apparu parmi vous ? », demanda-t-il.
« Qui est Ahmad ? », répondis-je.
« Le fils de ‘Abdullah Ibn ‘Abdul-Muttalib », dit-il.
« C’est le mois au cours duquel il doit se manifester, c’est le dernier Prophète. Il apparaîtra dans votre pays, dans la zone sacrée, puis émigrera vers une terre de roches noires, de palmiers, et de marais salants d’où l’eau exsude. Qu’on ne vous y devance pas, jeune homme ! ».
« Sa parole eut un profond effet sur moi » dit Talha.
« Alors, je me précipitai pour enfourcher mes dromadaires, les sellai et partis à bride abattue vers La Mecque, laissant la caravane derrière moi. En arrivant, je demandai à ma famille :
– « S’est-il passé quelque chose à La Mecque, après notre départ ? ».
« Oui », répondirent-ils, « Muhammad Ibn ‘Abdullah a commencé à prétendre qu’il était un prophète et Ibn Abî Quhâfah (ils faisaient allusion à Abu Bakr) l’a suivi. »
« Je connaissais bien Abu Bakr » dit Talha, « C’était un homme facile à vivre, aimable et doux. C’était avec cela un commerçant honnête et digne de confiance. Nous l’apprécions et aimions de surcroît ses assises en raison de sa grande connaissance de l’histoire de la tribu et du fait qu’il connaissait par cœur notre généalogie. Alors je me rendis à sa rencontre lui demandai :
« Est-ce vrai ce qu’on raconte que Muhammad Ibn ‘Abdullah a prétendu être un prophète et que tu l’as suivi? ».
« Oui », dit-il « et il se mit à me raconter son histoire et m’incita à me convertir comme lui l’avait fait.
Je lui ai alors parlé du moine de Busrâ. Il fut abasourdi et me proposa :
– « Viens avec moi chez Muhammad lui raconter ton histoire, vois ce qu’il en dit en espérant que tu entres dans la religion d’Allah ».
Nous allâmes chez Muhammad, qui m’exposa l’Islam, me récita quelques versets du Coran et me fit la bonne annonce du bien de ce bas-monde et de l’au-delà. Allah ouvrit alors mon cœur à l’Islam, et je racontai au Prophète, l’histoire du moine de Busrâ. La joie provoquée par ce récit se vit sur son visage. Puis je proclamai devant lui l’attestation qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah et que Muhammad est Son Messager. J’étais le quatrième homme à m’être converti par l’intermédiaire d’Abû Bakr. »

L’Islam du jeune Qurayshite eut l’effet d’un tremblement de terre pour sa famille et ses proches. Sa mère fut le plus triste car elle ambitionnait qu’un jour peut-être, il serait le chef de sa tribu en raison de ses nobles caractères et de ses qualités évidentes.

Son clan s’efforça immédiatement de lui faire renier sa religion, mais ils le trouvèrent solide comme un roc, inébranlable tel une montagne. Lorsqu’ils désespérèrent de le convaincre par la manière douce, ils eurent recours à la persécution et même à la torture.

Mas’ûd Ibn Kharâsh raconte :

« Tandis que je marchais entre As-Safâ et Al-Marwâ, je vis une grande foule suivre un jeune dont les mains avaient été attaché à son cou. Les gens trottaient derrière lui, le poussaient et le frappaient à la tête. De plus, il y avait derrière lui une vieille femme qui l’insultait et lui hurlait dessus ».
« Que se passe-t-il avec ce jeune homme », demandais-je.
– On me répondit : « C’est Talha Ibn ‘Ubaydullah, il a abandonné son ancienne religion et a suivi le gars des Bannu Hâshim ».
« Et cette vieille femme derrière lui, qui est-ce ? ».
« C’est As-Sa’bah Bint Al-Hadhramî, la mère du jeune homme » répondirent-ils.

Puis un homme du nom de Nawfal Ibn Khuwaylid surnommé « le lion de Quraysh », prit Talha et le ligota puis l’attacha avec une corde à Abû Bakr. Il livra les deux hommes aux imbéciles de la Mecque afin que ces derniers leur fassent goûter le plus dur des châtiments.

Talha et Abû Bakr seront surnommés pour l’occasion : « les inséparables ».

Le temps passa et les événements se succédèrent les uns après les autres. Et au fil du temps, Talha Ibn ‘Ubaydullahmûrit et son sacrifice pour la cause d’Allah et de Son Prophète (saw) se fit de plus en plus intense. Son dévouement pour la religion et les siens grandit, tant et si bien que les Musulmans le surnommèrent « le martyr vivant » et que le Prophète (saw) le surnomma

« Talha le bon, Talha le généreux et Talha le magnifique ».

Chacun de ces surnoms à une grande histoire derrière lui. Son surnom de « martyr vivant » lui fut donné lors de la bataille d’Uhud. Ce jour-là, les Musulmans avaient abandonné le champ de bataille, laissant le Prophète (saw) avec seulement onze hommes parmi les Auxiliaires (Ansar), en plus de Talha comme seul Emigré (Muhâjir). Le Prophète (saw) grimpa alors la montagne avec ceux qui l’accompagnaient, et un groupe de païens les rejoignirent pour tenter de le tuer. Il (saw) dit alors :

« Qui les repousse de nous et sera mon compagnon au Paradis ? ».
« Moi, Messager d’Allah » dit Talhah.
« Non », fit le Messager, « reste à ta place ».
« J’y vais, Messager d’Allah », dit alors l’un des Auxiliaires.
– « Oui toi, vas-y », dit le Prophète (saw).

– L’Auxiliaire partit et combattit jusqu’à être tué. Le Prophète (saw) grimpa alors avec ses compagnons un peu plus haut, mais les païens ne les lâchaient pas.

« Qui y a-t-il pour les arrêter ? » demanda le Prophète.
« Moi, Messager d’Allah », dit une nouvelle fois Talha.
« Non » répéta le Prophète : « Reste à ta place ».
Un homme parmi les Ansars dit alors : « Moi Messager d’Allah ».
« Oui toi vas-y », répondit le Messager.

L’homme s’élança mais subira le même sort que le premier. Le Prophète (saw) continua alors son ascension mais de nouveau, les païens le rejoignirent. Cela ne cessa de se reproduire jusqu’à ce que tous les Ansars présents trouvèrent le martyr, et qu’il ne resta que Talha avec le Prophète (saw). Les polythéistes les rejoignirent de nouveau et le Messager (saw) dit : « Maintenant tu peux y aller ». Le Prophète (saw) avait le front ouvert, la lèvre fendue, une de ses dents était cassée, il avait le visage en sang et il était extenué. Talha se mit alors à attaquer les polythéistes jusqu’à les repousser du Messager (saw). Il les repoussait pour un moment, puis retournait au Prophète (saw), et le portait avec lui un peu plus haut dans la montagne et le faisait asseoir par terre, puis il allait de nouveau attaquer les Païens.

Il continua ainsi jusqu’à ce qu’il les repousse définitivement du Messager (saw). Abû Bakr (ra) dit :

« Nous étions à ce moment-là, moi et Abû ‘Ubaydah Ibn Al-Jarrâh, loin du Messager d’Allah. Quand nous allâmes le voir pour le secourir, il nous dit :
« Laissez-moi, allez voir votre compagnon ». » (càd Talhah).

Les deux hommes trouvèrent Talha dans un trou, couvert de sang, il avait plus de soixante-dix blessures causées par des épées, des lances ou des flèches et avait perdu une main au combat. Le Messager (saw) dira alors :

« Que celui qui aime voir un homme marcher sur terre en ayant accompli sa mission regarde Talha Ibn ‘Ubaydullah ».

Après cela, chaque fois que quelqu’un mentionnera la bataille d’Uhud, Abû Bakr dira :

« C’est un jour qui appartient tout entier à Talha ».

Voilà l’histoire du surnom « martyr vivant » donné à Talha (ra).

Concernant ses surnoms « Talha le bon » et « Talha le généreux », on pourrait trouver mille et une histoires. Parmi elles, le fait qu’il était un très riche marchand à l’entreprise florissante et au capital important. Un jour, il reçut les bénéfices de transactions effectuées à Hadhramawt, qui représentaient au total, sept cent mille dirhams. Loin d’en être heureux, Talha passa la nuit dans un état de désolation et de tristesse. Sa femme, Um Kulthum, la fille d’Abû Bakr, le vit dans cet état et lui demanda :

« Que t’arrive-t-il Abû Muhammad ? Ai-je fait quelque chose qui t’a déplu ? ».
« Non », répondit-il, « Tu es la meilleure épouse qu’un musulman pourrait désirer. Mais depuis cette nuit, je réfléchissais et je me suis dit : Quelle opinion son Seigneur peut se faire quelqu’un qui dort avec tout cet argent chez lui ».
« Qu’est-ce qui te tracasse à ce sujet ? »dit-elle, « N’as-tu pas pensé aux nécessiteux de ton clan et de tes amis ? Demain matin, partage-le entre eux ».
« Qu’Allah te fasse miséricorde ! », dit-il. « Tu es bénie, fille d’un béni ».

Au petit matin, il mit l’argent dans des bourses et des écuelles puis, les partagea entre les nécessiteux des Emigrés et des Auxiliaires.

On rapporte également qu’un homme vint à Talha pour lui demander une aide financière et lui rappela un lien de parenté entre eux. Talha dit :

« C’est la première fois qu’on me parle de ce lien de parenté. Ecoute, je possède une terre pour laquelle ‘Uthman Ibn ‘Affan m’a offert trois cent mille. Si tu la veux, prends-la ou si tu préfères, je la vends à trois-cent-mille et je te les donne ».
« Je préfère prendre l’argent », dit l’homme. Talha vendit alors la terre et lui donna l’argent.

Bienheureux soit Talha le bon, Talha le généreux. Il méritait ces surnoms que le Messager d’Allah (saw) lui avait donnés. Qu’Allah l’agrée et illumine sa tombe.


Sur ce, Que la Paix de Dieu soit sur vous et vous accompagne partout où vous êtes.

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