Le Prophète de L'Islam

Mariage Du Prophète Avec Khadîdja

Tire de la Chronique de Tabari T. 2 P. 380


Louange à Allah, que la prière et le salut soient sur son prophète Mohamed sur sa famille et sur tous ceux qui le suivent jusqu’au jour de la résurrection.


Khadîdja était de la parenté de Mohammed, de la tribu de Qouraïch : elle était fille de Khouwaïlid, fils d’Asad, fils d’Abdoul ‘Ozza, fils de Qoçayy.

Elle avait perdu son mari, qui lui avait laissé une fortune considérable, et elle faisait le commerce. Elle avait un affranchi, nommé Maïsara, homme probe et sûr, qu’elle envoyait, chaque année, avec une caravane de marchandises, en Syrie.

Mohammed (saw) était connu parmi les Qorayshites pour sa probité, son honnêteté et sa droiture : on l’appelait Mohammed al Amin (l’homme sûr).

Lorsqu’on parla de lui à Khadîdja, elle le fit appeler et lui dit:

« Fais, cette année, le voyage commercial en Syrie avec mon esclave. »

Il n’y avait presque personne à la Mecque qui eût une si grande quantité de marchandises que Khadîdja. Quelques-uns disent qu’elle engagea Mohammed (saw) pour un salaire, d’autres prétendent qu’elle le prit comme associé.

Mohammed partit avec Maïsara. Pendant le voyage, chaque fois que le soleil devenait brûlant, un nuage venait abriter la tête de Mohammed (saw); quelquefois il venait un ange qui lui donnait de l’ombre. Ces circonstances étaient observées par Maïsara. Arrivée près du territoire de la Syrie, la caravane fit halte près d’un ermitage, à l’ombre d’un arbre. Pendant que Mohammed dormait à l’ombre de cet arbre, à un certain moment, le soleil étant monté plus haut, l’ombre s’éloigna.

Alors l’arbre se courba vers la terre, les branches s’étendirent du côté où tombaient les rayons du soleil, et abritèrent ainsi Mohammed.

L’anachorète qui habitait cet ermitage, regardant au dehors et voyant [ce phénomène], descendit et demanda quel était le chef de la caravane. Ayant été conduit auprès de Maïsara, il lui dit:

« Qui est cet homme qui dort là? »
Maïsara répondit : « C’est un de mes serviteurs. »
L’anachorète dit : « Garde-toi de le considérer comme un serviteur; il est prophète de Dieu, c’est le plus parfait de tous les êtres. »

Ensuite les gens de la caravane entrèrent en Syrie et vendirent les marchandises; les objets qu’ils avaient achetés pour un dirhem, ils les vendirent avec un profit de dix dirhems; puis ils s’en retournèrent.

Quand la caravane de Maïsara rentra à la Mecque, Khadîdja, assise sur son balcon et regardant sur la place, remarqua que Mohammed sur le chameau, au milieu de la caravane, était abrité par un nuage contre l’ardeur du soleil. Elle s’en étonna en silence. Lorsque toutes les marchandises furent vendues avec grand profit, Khadîdja dit à Maïsara :

« Ce jeune homme de la famille de Hâshim m’a porté bonheur; quand tu conduiras encore une caravane, prends-le avec toi. »

Alors Maïsara lui raconta ce qu’il avait vu concernant Mohammed(saw) pendant le voyage, ainsi que les paroles de l’anachorète.

Khadîdja, qui était une femme intelligente, dont les affaires étaient très-étendues et la fortune considérable, avait été demandée en mariage par les principaux personnages de la Mecque; mais elle n’en avait accepté aucun. Elle appela Mohammed(saw) et lui dit:

« Tu sais que je suis une femme considérée et que je n’ai pas besoin d’un mari; j’ai refusé tous les hommes importants qui m’ont demandé. Mais j’ai beaucoup de biens qui se perdent, et j’ai besoin d’un surveillant. J’ai jeté les yeux sur toi, car je t’ai trouvé honnête, et tu prendras soin de ma fortune. Va trouver ton oncle Abou Talib et dis-lui qu’il me demande pour toi à mon père. »

Le père de Khadîdja, Khouwaïlid, vivait encore. Mohammed (saw) parla à Abou Talib, qui alla trouver Khouwaïlid et lui demanda la main de Khadîdja pour Mohammed. Khouwaïlid lui dit :

« Tous les grands personnages des Qorayshites ont demandé ma fille en mariage; je ne la leur ai pas accordé; et je la donnerais maintenant à un orphelin pauvre, qui a été son commissionnaire ! »

Informée de cette réponse, Khadîdja prépara le lendemain, un festin, auquel elle invita les principaux habitants de la Mecque, son père, Abou Talib et Mohammed (saw)

Elle dit à ce dernier:

« Dis à Abou Talib que, lorsque mon père sera ivre, il me demande en mariage pour toi, et que, si mon père donne son consentement, Abou Talib lui demande de conclure le mariage dans cette réunion même, sans tarder. »

Khadîdja fit verser à son père du vin en grande quantité et plus qu’à Abou Talib. Quant à Mohammed (saw), il n’a jamais bu de vin, ni avant, ni après sa mission prophétique.

Quand Khouwaïlid fut ivre, Abou Talib lui fit la demande de Khadîdja; Khouwaïlid consentit, et l’on conclut le mariage. A la tombée de la nuit, les hôtes se retirèrent, et Khadîdja fit coucher son père et le couvrit d’aromates, de khalouq et de safran.

Il était d’usage chez les Arabes que, lorsqu’un père mariait sa fille, il se couvrît d’aromates, de khalouq et de safran.

Au matin, lorsque Khouwaïlid se réveilla, voyant ces aromates, il dit :

« Que signifie ceci? »
On lui répondit : « Tu as marié hier Khadîdja à Mohammed (saw), le neveu d’Abou Talib. »

Khouwaïlid le nia.

On lui dit :

« Tu lui as donné Khadîdja en présence de tous les Qorayshites et des habitants de la Mecque. »

Alors il se rendit auprès de Khadîdja et lui dit :

« Que signifie ce langage, que je t’aurais marié hier à Mohammed (saw)? »

Khadîdja répondit:

« Tu le sais bien, que le dirai-je? »

Khouwaïlid dit:

« J’irai aujourd’hui dans l’assemblée des Qorayshites, au temple de la Ka’ba, et je me dédirai; j’intenterai un procès à Abou-Talib et je querellerai Mohammed (saw), afin qu’il te répudie. »

Khadîdja dit :

« Ne le fais pas, tu me déshonorerais; si ce n’est pas une honte de séparer une femme de son mari, il est déshonorant pour elle de le quitter sitôt. Je suis une femme considérée; personne ne me soupçonne de rien, et l’on sait que je n’ai pas de passion pour Mohammed; on dira donc que tu as conclu cette affaire avec Abou Talib, par amitié pour lui. Mais si tu en fais un litige, on causera sur moi, et cela sera fâcheux pour moi. »

Khouwaïlid répliqua :

« Les personnages les plus importants de la Mecque t’ont demandé en mariage, et j’ai refusé de te donner, et je t’accorderais maintenant à un homme pauvre! Que dira-t-on? »

 Khadîdja répondit :

« On sait que je n’ai pas besoin de la fortune d’un autre; ce qu’il faut, c’est que j’épouse un homme qui soit mon égal. Or Mohammed (saw) est mon égal dans la famille des Qorayshites; il a une bonne réputation parmi les hommes, il est connu pour sa probité et son honnêteté; personne ne le soupçonne d’aucun des vices dont on accuse d’ordinaire les jeunes gens. Plus tu considéreras cette affaire, plus elle te semblera acceptable. »

Khouwaïlid garda le silence, et ne parla plus de ce mariage. Le lendemain, Khadîdja installa Mohammed (saw) chez elle. Quelques traditions rapportent que le père de Khadîdja était déjà mort, et que c’est son oncle ‘Amr, fils d’Asad, qui la maria.

Mohammed (saw) était marié avec Khadîdja depuis quinze ans, lorsque, à l’âge de quarante ans, il reçut sa mission prophétique; Khadîdja, à partir de cette époque, vécut encore cinq ans. C’est elle qui la première embrassa l’islamisme. Elle mourut après avoir vécu vingt ans avec Mohammed (saw) et pendant ce temps, Mohammed (saw), par affection pour elle, n’avait pas pris d’autre femme. Il avait eu d’elle trois fils et quatre filles.

Ses fils étaient : Qâsim, qui fit donner à Mohammed le surnom d’Aboul Qâsim, Tâhir et Tayyib. Les quatre filles se nommaient: la première, Zaynab; la deuxième, Ruqayyah; la troisième, Oum Kulthum, et la quatrième, Fatima.

Les trois fils moururent avant sa mission, mais ses quatre filles survécurent. Mohammed (saw) usait généreusement de la fortune de Khadîdja; tous les habitants de la Mecque s’accordaient à reconnaître son influence et sa droiture; on l’appelait Mohammed al Amin.

Quiconque avait un dépôt à placer le lui apportait, et tous ceux qui avaient un litige ensemble venaient le soumettre à l’arbitrage de Mohammed (saw )

C’était l’opinion générale que, lorsque Abou Talib viendrait à mourir, il n’y aurait pas d‘homme plus digne que Mohammed d’exercer le gouvernement de la Mecque.

Lorsque Mohammed (saw) fut âgé de trente-cinq ans, les Qorayshites démolirent le temple de la Ka’ba, pour le reconstruire à nouveau. Au moment de poser la pierre Noire, tous avaient la prétention de le faire. Alors ils convinrent de réserver cet honneur à Mohammed (saw), qui posa la pierre de ses propres mains.


Et Allah Seul Sait….
Sur ce, Que la Paix de Dieu soit sur vous et vous accompagne partout où vous êtes.

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