Les Récits de la Tradition

Omar Ibn Al-Khattâb “Al-Farouk”


L’Envoyé d’Allah (saw) était entouré de Compagnons nobles et pieux. Il a ainsi promis à certains d’entre eux le Paradis, à savoir : Abu Bakr As-Siddiq, ‘Umar Ibn Al-Khattâb, ‘Uthman Ibn ‘Affan, Ali Ibn Abi Talib, Talha Ibn ‘Ubaydullah, Zubair Ibn Al ‘Awam, Saad Ibn Abi Waqas, Saïd Ibn Zayd, Abu ‘Ubayda ‘Umar Ibn Jarâh et ‘Abderrahmane Ibn ‘Awf (qu’Allah les agrée)

Dans un Hadith rapporté par Tirmidhi, le Messager d’Allah (saw) a dit :« Dix seront au Paradis : Abu Bakr sera au Paradis, ‘Umar sera au Paradis ainsi que ‘Uthman, ‘Ali, Az-Zubayr, Talha, ‘Abd ar-Rahman, Abu ‘Ubayda, Saad ibn Abi Waqas et le dixième je ne veux pas vous le dire. »
Ils ont insisté pour le savoir en lui demandant par deux fois : « Qui est le dixième ? »
La première fois il s’est tu et la deuxième fois il répondit : « C’est Saïd Ibn Zayd. »

Nous allons raconter dans cette série, la Biographie de ces dix Compagnons concernés.


Omar Ibn Al-Khattâb “Al-Farouk” 

Le séparateur entre le bien et le mal, la justice et l’injustice.
Entre l’équité et l’iniquité, la légalité et l’illégalité, l’honneur et le déshonneur, La vertu et le vice, l’honnêteté et la malhonnêteté, entre la dignité et l’indignité


Selon Abou Hurayrah (ra), le Messager d’Allah (saw) a dit :
« Parmi ceux qui vous ont précédés des fils d’Israël, il y eut des hommes qui n’étaient pas des prophètes, mais auxquels Allah a adressé la parole. S’il devait y en avoir dans ma communauté, ce serait Omar ! »
(Rapporté par Al-Boukhâri)


Sa généalogie

Il est Omar Ibn Al-Khattâb Ibn Noufail Ibn Abd Al-Ouzza Ibn iyah Ibn Abd-Allah Ibn Qourt Ibn Rizah Ibn Adi Ibn Kaâb Ibn Louâay- Ibn Ghaâlib Al-Qoreïchi Al-`Adwi.

L’imam An-Nawawy a rapporté qu’il était né l’an 570-577 après Jésus.
Omar (ra) a dit pour sa part qu’il était né 4 ans après la grande guerre des mécréants. Donc on peut fixer l’année de sa naissance aux alentours de 581 après Jésus (as).
Son père, Al-Khattâb, était l’un des chefs les plus redoutés et les plus respectés, bien qu’il ne soit pas un riche notable.
Le prénom de sa mère était Hintima bent Hachim ben Al Moughira des Banou Makhzoum.
Il faisait partie des familles les plus illustres du clan des Banou `Adi, qui avaient les charges d’arbitrage, de médiation et d’ambassade et cela au cours de la période préislamique.


Sa vie

Etant jeune, Omar (ra) faisait paître leur bétail et celui de ses tantes paternelles. Devenu grand, il s’occupa du commerce, déplacements fréquents au Cham (qui englobait la Jordanie, la Palestine, la Syrie et le Liban).
Il n’était pas riche, par contre sa sévère personnalité inspirait crainte et respect. Il fut un grand sportif réputé pour sa souplesse, cavalier émérite. Il participa à de nombreux tournois de lutte dans la foire d’Okaz. Il faisait partie de l’élite de Qouraïch, sachant lire et écrire il était ambidextre, ayant une voix résonnante et puissante; Il était très sage et d’une lucidité surprenante.

Omar (ra) fut surnommé Abou Hafss « le père du lionceau », donc le lion, Omar (ra) a rapporté que c’était le Prophète (saw) lui-même, qu’il lui avait donné ce surnom. En effet, l’Envoyé d’Allah (saw) l’interpella un jour :
« Tu veux tuer l’oncle de ton Prophète (Abou Lahab l’ennemi de l’Islam) ? » 
Omar lui répondit : « En effet, Ô Messager d’Allah ! »
Alors le Prophète (saw) lui dit : «Non ! Je ne veux pas que l’on dise que Mohammed tue ses parents !»
C’est à cette occasion que le Messager d’Allah (saw) le surnomma « Abou Hafss » Le père du lionceau.
Grâce à son savoir, son intelligence, sa clairvoyance et son ouverture d’esprit, il créa une extraordinaire structure administrative qui marqua la genèse de la civilisation musulmane.


Sa physionomie

Son fils, Abdallah (ra) raconte que son père était grand et fort, avec une peau claire, son visage d’un teint rosé.
Selon Oubayd ben `Oumir, Omar (ra) fut d’une taille supérieure, d’une imposante carrure, chauve. Sa peau était blanche, il portait une moustache dégarnie de couleur rousse.

Anas ibn Malek (ra) rapporte que Omar (ra) se teignait les cheveux avec soit du henné, soit avec du katam (plante en provenance du Yémen, qui, mélangée à l’eau donne une couleur acajou foncée.)
On rapporte également, qu’il semblait sur un cheval, tant il dépassait les autres par sa taille.
Abou Malek ajoute : « il marchait d’un pas pesant. »


L’adhésion à l’islam de Omar Ibn Al Khattâb

Lorsque le Prophète (saw) fut envoyé et qu’il déclara ouvertement son appel à l’islam, un certain nombre de personnes se convertirent à l’islam. Parmi les convertis de la famille de Omar Ibn Al Khattâb, on compte : Fatima, son cousin, son beau-frère Saïd Ibn Zayd, Nu’aym Ibn ‘Abdallâh et d’autres encore parmi les membres de la tribu des banû’Adî. Omar, quant à lui, n’adhéra pas à l’islam et s’attacha fermement à la jâhiliyyah, en prenant exemple sur son oncle maternel, Abû Jahl, dans son opposition à l’islam et son combat sans équivoque contre lui. Ainsi, il s’en prenait aux adhérents à l’islam parmi les esclaves et les gens faibles, en les frappant et en leur faisant du mal.

Le Messager d’Allah (saw) avait invoqué Allah pour qu’il se convertisse à l’islam. Al-Tirmidhi a rapporté, d’après ibn Omar que l’Envoyé d’Allah (saw) a dit :
« Ô Allah ! Renforce l’islam par l’adhésion à l’islam de celui que Tu aimes le plus parmi ses deux hommes : Omar Ibn al Khattâb ou Abû Jahl Ibn Hicham ! le plus aimé d’Allah fut Omar. »

Un jour, il sortit armé de son épée avec pour objectif de se rendre chez le Prophète (saw) et de lui porter un coup fatal, quand il rencontra, en cours de route, Nu’aym Ibn ‘Abdallâh. Après une discussion à deux, Omar changea d’itinéraire pour se rendre chez son beau-frère Saïd et sa sœur Fatima. Arrivé à leur domicile, il les trouva en train de lire un parchemin sur lequel était retranscrite la sourate Tâ-hâ. Il se mit alors à les frapper et à les blesser jusqu’à ce qu’ils eussent avoué :
« Oui ! Nous nous sommes convertis à l’islam et nous avons cru en Allah et en son Envoyé (saw) ! Fais donc ce que tu voudras ! »
Ces paroles eurent un effet sur ‘Umar qui demanda qu’on lui donne le parchemin, mais sa sœur refusa :
« Nous craignons que tu le détruises ».
« Ne crains rien… », reprit Omar qui lui fit une promesse solennelle.
Par conséquent, sa sœur se mit à espérer le voir, à son tour, se convertir à l’islam et lui dit :
« Mon frère ! Tu es impur en ton état de polythéiste, et seul quelqu’un de pur peut le toucher ».
Omar se leva alors et se lava, et sa sœur lui tendit le parchemin. Après l’avoir lu, il s’exclama : « Que ces paroles sont belles ! »
Puis, il se rendit à la demeure d’al-Arqam Ibn Abî al-Arqam à Al-Safâ, où se réunissaient l’Envoyé d’Allah (saw) et ses compagnons, et il dit ;
« Ô Envoyé d’Allah (saw) Je suis venu à toi dans le but de croire en Allah, en Son Messager (paix et salut sur lui) et en ce qui provient d’Allah ».
Le Messager d’Allah (saw) s’exclama « Allahou Akbar ! » de sorte que tous ses compagnons qui se trouvaient dans la demeure surent que Omar s’était converti. Cela se produisit trois jours après l’adhésion de Hamza à l’islam, vers la fin du mois de Dhul-Hijja, en l’an 6 de la Prophétie.

‘Abdallâh Ibn Massoud avait l’habitude de dire :
« Nous n’étions pas capables de prier près de la Ka’ba jusqu’à la conversion de Omar. Quand il embrassa l’islam, il combattit les Qurayshites jusqu’à ce qu’il pût prier près de la Ka’ba, et nous en sa compagnie. »

On rapporte que le Messager d’Allah (saw) sortit un jour avec ses compagnons alignés en deux rangs. L’un des deux rangs comptait Omar, et l’autre Hamza. Une fois arrivés à la mosquée, les Qurayshites portèrent leur regard sur Omar et sur Hamza et furent pris d’une amertume sans précédent.
C’est ce jour-là que le Messager d’Allah (saw) le surnomma al-Fârûq (celui qui fait la différence).
Cela étant, et malgré le profond respect et la crainte qu’il inspirait, Omar n’échappa point aux persécutions des Qurayshites. Cela prit une telle ampleur qu’ils l’assaillirent et il ne cessa de lutter contre eux, jusqu’au moment où le soleil se tint au-dessus de leurs têtes et qu’il fût envahi par la fatigue.
A ce moment, il s’assit et leur dit, alors qu’ils se tenaient debout devant lui : « Faites ce que bon vous semblera ! Je fais le serment par Allah que si nous étions trois cents hommes, nous aurions certainement lutté contre vous jusqu’à ce que nous vous la laissions, ou que ce soit vous qui nous la laissiez ! »


L’émigration de Omar Ibn Al Khattâb vers la Médine

Lorsque les persécutions des Qurayshites à l’encontre des musulmans se firent plus intenses et que la permission fut accordée aux musulmans d’émigrer vers Yathrib, ceux-ci commencèrent à partir secrètement, sauf ‘Umar. ‘Ali ibn Abi Talib rapporte :
« Je n’ai jamais eu connaissance de quelqu’un parmi les Muhâjirun qui a émigré ouvertement, si ce n’est Omar Ibn al Khattâb. Lorsqu’il a décidé d’émigrer, il s’est saisi de son épée, s’est muni de son arc, a pris des flèches dans sa main, ainsi que son bâton puis s’est dirigé vers la Ka’ba alors que les notables de Quraysh se trouvaient sur son esplanade. Il a ensuite effectué sept tours autour de la Ka’ba fermement, puis il s’est rendu au Maqâm Ibrahim et y a prié. Ensuite, il s’est arrêté à chaque assemblée, une à une, et leur a adressé ces paroles : Que soient enlaidis ces visages ! Que celui qui désire que sa mère le perde, que son enfant devienne orphelin et que son épouse devienne veuve me rencontre de l’autre côté de cette vallée ! Puis, il s’en est allé vers Médine et personne ne l’a suivi. »

Certaines personnes faibles ont émigré en sa compagnie.


Sa vie durant la période prophétique

Au même titre qu’Abû Bakr, Omar Ibn Al Khattâb était l’un des conseillers du Prophète (saw) et l’un de ses plus proches compagnons.il prit part à toutes les batailles et joua, au cours de la bataille de Badr, un rôle de premier plan, ainsi que durant les batailles de Uhud et de al-Muraysî’ par la suite. Ce fut lui qui dirigea l’expédition militaire vers Turba au Sud-Est de la noble Mecque.

Lors du pacte de Hudaybiyah, il prit une position mémorable à l’égard de Abû jandal Ibn Suhayl Ibn ‘Amr, lorsqu’il lui conseilla « fais preuve de patience, Abû jandal… Ce sont eux les polythéistes… » De même, il fut l’un des témoins du Traité de paix.

Lors de la conquête de la Mecque, après le serment d’allégeance des hommes, les femmes de la tribu de Quraysh, avec à leur tête Hind Bint ‘Utba, l’épouse d’Abû Sufyân, se regroupèrent auprès du Messager d’Allah (saw). Omar faisait partie des personnes présentes, et il riait de la discussion qui s’était engagée entre Hind et le prophète (saw). Ensuite, le Prophète (saw) demanda à Omar de prendre leur serment d’allégeance, ce qu’il fit, avec pour conditions qu’elles n’attribuent à Allah aucun associé, qu’elles ne volent pas, qu’elles ne se rendent nullement coupable de fornication, qu’elles ne tuent pas leurs propres enfants, qu’elles ne commettent aucune infamie, ni avec leurs mains ni avec leurs pieds, et qu’elles ne désobéissent pas dans ce qui est convenable.

Lorsque sa fille Hafsa devint veuve, à la suite du décès de son mari Khunays Ibn Hudhâfa al-Sahmî, Omar la maria au Messager d’Allah (saw), au cours de la troisième année de l’Hégire. Quand il apprit qu’elle engageait une polémique avec le Prophète (saw), il l’exhorta et lui adressa des mises en garde contre le châtiment d’Allah et la colère de Son Messager (saw) et elle se calma.

Ibn Maja a recensé le hadith suivant dont la chaîne de transmission est authentique, d’après Ibn ‘Abbâs : Omar m’a dit :
« Je suis entré chez le Prophète (saw) alors qu’il était couché sur une natte. Je me suis assis et me suis aperçu qu’il n’était vêtu que de son manteau, et que la natte avait laissé des marques sur son flanc. Je me trouvais en présence d’une poignée d’orge d’à peu près un Sâ’, et de feuilles de mimosa dans un coin de la pièce. Une peau y était aussi suspendue. Des larmes ont alors coulé abondamment de mes yeux.
« Pourquoi pleures-tu, Ibn al-Khattâb ? », m’a-t-il alors demandé.
J’ai répondu : « Prophète d’Allah ! Comment pourrais-je ne pas pleurer alors que cette natte a laissé des traces sur ton flanc et que tes réserves ne contiennent pas plus que ce que je vois là ?! Chosroês et César jouissent, eux, des fruits et des fleuves ; alors que toi, le Prophète d’Allah (paix et salut sur lui) et Son élu, voilà tes réserves… »
Et le Prophète (saw) de dire : « Ibn al-Khattâb ! N’agrées-tu pas que l’au-delà soit pour nous et que le bas monde soit pour eux ? »

Il lui arrivait parfois d’avoir un avis et d’en informer le Prophète (saw) et la Révélation descendait conformément à son avis. Sa position en ce qui concerne les boissons enivrantes et la demande de permission d’entrer en sont des exemples. Il n’est donc nullement étonnant que le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) ait vanté ses mérites en disant :
« Allah le très haut, a placé la vérité sur la langue de Omar et dans son cœur, il est al-Fârûq, c’est par lui qu’Allah a établi la distinction entre la vérité et le mensonge ! »

En résumé, il occupait la seconde place après Abû Bakr auprès du Prophète (saw) et de ses compagnons.


Sa vie durant le califat d’Abû Bakr

Lorsque Abû Bakr devint calife, Omar fut la première personne à lui prêter serment d’allégeance, puis ce fut Abû ‘Ubayda, suivi des autres Muhâjirun et des Ansars. Quand le calife ordonna à Usama Ibn Zayd de se diriger vers le Shâm en compagnie de ses troupes dont faisait partie Omar Ibn al-Khattâb, il lui adressa cette requête :
« Si tu veux m’aider en laissant Omar Ibn al-Khattâb à mes côtés, fais-le donc ! »

Le jeune commandant accepta immédiatement et Omar resta auprès du calife dans le but de l’aider à supporter les lourdes tâches du califat.

Durant son califat, Abû Bakr al-Siddîq envoya plusieurs grands compagnons diriger les combats contre les apostats, puis sur les deux fronts perse et romain. Ce fut ainsi le cas d’Abû ‘Ubayda Ibn al-Jarrâh, de Mu’âdh Ibn Jabal, de Khâlid Ibn al-Walîd et de bien d’autres, mais il garda Omar al-Fârûq à ses côtés afin de lui demander conseil au sujet des affaires politiques et sociales concernant les musulmans. Omar Ibn Al Khattâb fut par conséquent le plus important de ses conseillers, et c’est la raison pour laquelle il lui accorda la succession à la tête de la communauté, quand il senti sa fin proche. Tous les compagnons parmi les Muhâjirun et les Ansars s’accordèrent avec lui sur cet avis.


La justice de Omar

Anas Ibn Malek (ra) rapporta que le Prophète d’Allah (saw) a dit:
« De toute ma communauté, c’est Omar qui est le plus ferme pour ce qui est de respecter les ordres d’Allah. » 
(Rapporté par Ibn Sa’d)

Aïcha la mère des Croyants (ra) a raconté que l’Envoyé (saw) a dit:
« Par celui qui détient l’âme de Mohammed entre Ses Mains, je vois les diables, qu’ils soient de l’espèce des génies ou de l’espèce humaine, prendre la fuite devant Omar. » 
(Rapporté par Tirmidhi)

Aba Darr Al-Ghifari (ra) dit avoir entendu le Messager d’Allah (saw) dire :
« Allah a fait en sorte que la vérité coule facilement sur la langue de Omar. » 
(Rapporté par Ibn Maja et Al-Hakim) 

Oubay ben Ka’b (ra) a rapporté que le Prophète (saw) a dit :
« Le premier homme qu’Allah saluera (le Jour du Jugement Dernier), sera Omar; et il sera le premier à qui Allah tendra la main pour le faire entrer au Paradis. » 
(Rapporté par Ibn Maja)

Selon Oqba ben `Adr, d’Abou Saïd Al-Khoudri (ra) l’Envoyé d’Allah (saw) a dit :
« S’il y aurait un prophète après moi, ce sera Omar ben Al-Khattâb. » 
(Rapporté par Tirmidhi, Al-Hakim et Tabarânî)

Selon Qoudama ben Madoun (ra), le Prophète d’Allah (saw) montrant Omar ben Al-Khattâb du doigt, dit :
« Celui-ci est la clef de voûte qui vous sauvegardera de la discorde (fitna). Tant qu’il sera vivant parmi vous, il sera comme une porte bien fermée devant toute division ! » 
(Rapporté par Al-Bazar)

D’après Al-Fadl ben Abbas (ra), l’Apôtre d’Allah (saw) a dit :
« Omar ben Al-Khattâb est avec moi là où j’aime être, et moi je serais avec lui là où il aimerait être. La Vérité, après moi, sera avec Omar ben Al-Khattâb, où qu’il soit ! » 
(Rapporté par Al-Boukhâri)


Omar ben Al-Khattâb et le Coran.

Après qu’Abou Bakr (ra) eut été convaincu du bien-fondé de la suggestion de Omar ben Al-Khattâb (ra) de recueillir le Coran, après la mort de 70 Compagnons faisant partie de ceux qui mémorisaient le Coran en entier, au cours de la bataille d’Al-Yamamah, menée contre l’imposteur Musaylamah. Il demanda à Zayd ben Thâbit (ra) le secrétaire du Prophète (saw) de s’en charger. Le travail de Zayd (ra) consista à rassembler les Sourates et les versets coraniques qui étaient déjà enregistrés du temps du Prophète d’Allah (saw) mais écrits d’une façon éparse, sur des parchemins, des omoplates de chameaux, etc., et en faire un recueil complet, dans lequel les Sourates seraient réunies dans leur totalité.

Après la mort d’Abou Bakr (ra) son successeur Omar ben Al-Khattâb ordonna que l’on regroupe l’ensemble du texte en un et unique volume, afin qu’il soit conservé. Ce Saint manuscrit fut conservé par Hafsa bint Omar et mère des Croyants (ra).


Omar et le savoir

Houdaïfa (ra) a dit: 
« On aurait dit que la science de tous les hommes était dans la tête de Omar ! »

Omar ben Al-Khattab (ra) illustrait le Hadih du Prophète (saw) dans lequel il a dit: 
« Qu’Allah bénisse celui qui a connu son époque, mais dont la conduite est restée comme il nous l’avait enseignée (c’est-à-dire : la Rectitude). »

Omar (ra) était un homme cultivé. Il savait lire et écrire aimait la poésie et apprenait des poèmes. De même, il connaissait les proverbes et les paroles de sagesse. Un jour, il recommanda à son fils Abd-Rahman : 
« Mon fils, cherche à connaître tes origines, cela facilitera la reconstitution des liens de ta parenté. Apprends la meilleure poésie, tu amélioreras ton comportement et tes manières. »

Omar (ra) recommanda de codifier   les règles de grammaire. Il ajouta : 
« La grammaire est la base de la langue. »

C’est pourquoi, Omar a dit : 
« La plus mauvaise des écritures est celle qui est difficile à lire et la meilleure écriture est la lisible. La mauvaise manière de lire, est celle de celui qui lit très vite ! »

Abdallah ben Massoud (ra) a dit: 
« Omar était le plus savant d’entre nous concernant le Coran. C’est lui qui fut le plus doué pour la compréhension de l’Islam. En cas de divergence sur la façon de lire un verset, on demandait de le lire de la manière dont le lit Omar. »

Omar (ra) se distinguait entre tous les Compagnons du Prophète (saw). Il éprouvait une passion pour toutes les sciences utiles. Il exigeait des gouverneurs d’avoir une connaissance parfaite de la géographie, surtout des régions qu’ils gouvernaient. Lui-même, il s’y intéressait beaucoup, s’informant sur les us et coutumes des peuples, ainsi, il recommandait aux Musulmans d’apprendre les sciences de leur époque et d’en tirer profit pour leur bien-être. Il a dit entre autres : 
« Apprenez l’astronomie et la science des étoiles qui vous guideront en mer et sur terre; et, en ce domaine, limitez-vous à cela. »


Omar ben Al-Khattâb et le califat

« Ô Croyants ! Vous m’avez désigné, et si je ne prétendrais pas être le meilleur parmi vous et le plus qualifié à votre service, ainsi que tout ce qui touche à vos affaires, je n’aurais jamais consenti à prendre la charge. Car il me suffit à endurer le joug d’attendre le Jour du Jugement Dernier ! Comment puis-je vous garantir vos droits ? Comment dois-je les gérer au mieux et les mettre à exécution convenablement ? Quelle politique devrai-je choisir pour vous gouverner ? »

Omar a été désigné par Abu Bakr As-Siddîq (ra) avant sa mort pour prendre le rôle de Calife de La Communauté Musulmane..

Omar (ra) se trouvait dans un état tel, qu’il ne pouvait plus se fier ni à sa force de caractère, ni à sa dextérité. A moins qu’Allah qu’Il soit exalté – ne lui vienne en aide, et ne lui porte assistance !

Omar (ra) ne faisait rien sans la consultation (choura) ligne de conduite pour la gestion de l’Etat. Il disait :
« L’avis d’une personne est comme un fil ténu. Deux avis comme deux fil tressés. Si les points de vue sont nombreux, cela donne une résistante corde. » 
Il ajouta : « Une quelconque affaire traitée sans consultation (choura) ne ramène rien de bon. »

Il ne décidait rien sans la consultation (choura). Il revenait sur sa décision, lorsque la consultation lui prouvait son erreur. Il fut entouré par les plus éminents Compagnons du Messager d’Allah (saw). Ceux dont la compétence et la notoriété scientifique étaient reconnues. Les membres de ce conseil furent : Al-Abas (l’oncle du Prophète), son fils Abdallah qui ne le quittait jamais même dans ses déplacements, `Othman ben `Affan, Abd Ar-Rahman ben `Awf, Ali ben Abi Talib et d’autres encore.


Omar et l’armée musulmane

Omar (ra) était le grand stratège de l’armée musulmane organisant les programmes logistiques de l’armée. Il installa pour cela des casernements dans différentes villes avec vivres et chevaux. Il établit à Koufa une caserne pour la logistique avec, en réserve, quatre mille cinq cents à cinq mille chevaux, sous la responsabilité de Salman ben Rabi’a Al-Bahili.

Il réorganisa l’armée, en la dotant d’un service administratif. Il fixa la solde et pris en charge les familles des combattants pendant leurs absences. Il s’intéressa le plus, du moral des combattants, et de leur piété.

Omar ben Al-Khattab (ra) fut le premier à organiser l’armée musulmane pour la reconstituer en une armée régulière. Il établit le service des soldats qui tenait les registres des noms des militaires, de leur grade, et de leur affectation. Il planifia la hiérarchie militaire et les différents pouvoirs :

  • Al-Khalife commandait à ses soldats,
  • Saïd avait les hommes sous ses ordres,
  • Emir Al-kourdouss à la tête de 1 000 hommes,
  • Emir Al-Djaïch : le plus haut gradé était à la tête de 10 000 hommes ou plus. Il veillait lui-même à l’entraînement de la cavalerie à l’extérieur de Médine.


Omar (ra) mit sur pied le Conseil de guerre et fixa également la discipline militaire.
Il envoya à ses généraux cette « Note de service » :
« Vous ne devez en aucun cas maltraiter les guerriers musulmans car vous risquez d’engendrer par votre conduite le désordre et le découragement. Ne les privez pas de leur droit, car vous les rendrez ingrats. Ne les faites pas camper dans des lieux malsains et marécageux, c’est une négligence qui les perdra physiquement ! » 

Omar ben Al-Khattâb (ra) était très strict et très sévère concernant la conduite des Musulmans vis-à-vis des habitants des différentes villes et régions conquises par les Musulmans. Il avait rédigé l’ordre suivant aux diverses troupes musulmanes :
« Si vous descendez dans un lieu et que vous faites un geste ou que vous énoncez ne serait-ce qu’un mot que le non-Arabe comprend comme étant une promesse de votre part au sujet de quelque chose, vous êtes dans l’obligation de vous en acquitter même si vous objecterez votre ignorance des us et coutumes ou de la langue locale, cela ne vous dispensera pas de cette imputabilité. » 


Omar et les recommandations

Lorsque Omar (ra) désigna Sa’d (ra) à la tête de l’expédition contre les Perses (Al-Qadissya) il lui dit: 
« O Sa’d ben Wouhayb ! Ecarte la prétention et l’orgueil de ton cœur, on dit que tu es de la famille des oncles maternels du Messager d’Allah (saw) ! En vérité, Allah n’efface pas le mal par le mal. Il efface le mal par le bien ! Allah n’a de lien de parenté avec personne, à l’exception du lien de l’adoration du serviteur vis-à-vis de son Créateur. Pour Allah, les riches et les pauvres, sont égaux. Il est leur Seigneur, et ils sont Ses serviteurs. S’ils se distinguent, c’est par leur abstinence, et ils ne peuvent atteindre ce qui est auprès d’Allah que par leur soumission totale. Alors rappelle-toi bien comment était le Messager d’Allah (saw), depuis le commencement de sa mission jusqu’à ce qu’il rejoigne son Seigneur, et maintiens-toi fermement à lui. Voilà à quoi je t’incite ! Si tu l’omets et t’en écarte, ton action sera illusoire, et tu seras parmi les perdants ! »


Omar et les provinces musulmanes

La superficie de l’Etat islamique s’agrandit grâce aux victoires musulmanes par les prises de l’Iraq, du Cham : (Jordanie, Palestine, Syrie, et le Liban) et de l’Egypte, pour des mobiles de planification, et de défense des intérêts des Musulmans le calife Omar ben Al-Khattâb (ra) découpa les terres conquises en provinces, à la tête de chacune d’elle, il désigna un gouverneur (wali). Une grande partie des gouverneurs furent des Compagnons du Messager Al-Moughira ben Chou’ba, Abou `Oubayd ben Al-Djarrah, Salman Al-Fârisî et Abou Moussa Al-Achâari.

La tâche des gouverneurs était de diriger les Offices, de prendre soin à l’application de la Loi d’Allah (charia). De veiller sur intégrité territoriale et de combattre les ennemis de l’Etat musulman. De faire régner l’ordre et la sécurité entre les citoyens avec la coopération d’un juge (cadi) et du directeur du cadastre. Le gouverneur était seul responsable des affaires financières de la province, dont il était garant devant le Calife.


Omar et la Justice

Omar (ra) mit un service de surveillance des gouverneurs, concerné autant par leur méthode d’administrer que par les richesses qu’ils se procuraient. II nomma comme vérificateur (Wakîl) Mohammed ben Maslama. Un homme intègre dont la mission était de rendre compte au Calife de la véracité des plaintes que la population (musulmane ou non) déposait contre son gouverneur.

L’exemple de la plainte déposée par un Copte d’Egypte contre le gouverneur `Amr ben Al ‘As et son fils. Ce fut lors d’une course de chevaux que le fils de `Amr ben Al `As perdit contre un Copte. Il flagella ce dernier et l’emprisonna, en justifiant cette iniquité par son rang, c’est-à-dire « fils de deux nobles. »

Le Copte réussit à s’échapper de sa geôle, se rendit à Médine où il présenta son cas à Omar (ra) qui rappela de toute urgence `Amr ben Al ‘As et son fils. S’étant attesté de l’exactitude des faits, il donna l’ordre au Copte de se faire justice lui-même en infligeant au « fils des deux nobles » le même châtiment que celui qu’il endura, puis il lui redonna le fouet pour qu’il fasse de même avec le père, ce que le Copte refusa, considérant qu’il avait obtenu satisfaction. C’est à cette occasion que Omar ben Al-Khattâb (ra) énonça la mémorable allocution :
« Depuis quand vous attribuez-vous le droit de réduire en esclavage des hommes, alors que leur mère les a engendrés libres ? »

Il libéra tous les esclaves, et décréta l’abolition de toute forme d’esclavage en Arabie. Il se réunit annuellement avec ses gouverneurs, durant la période du grand Pèlerinage, pour d’une part, un compte rendu par les gouverneurs et d’autre part trancher les litiges, si litige, il y avait. Le rigorisme de Omar (ra) en matière de justice était connu de tous.

C’est Omar (ra) qui sépara le pouvoir exécutif du pouvoir judiciaire. La fonction du juge (cadi) fut totalement indépendante, libre de toute contrainte et d’éventuelles influences des gouverneurs.

Le Messager d’Allah (saw) a dit : 
« Sur trois juges (cadi) deux iront en Enfer et un au Paradis »

Selon Chi’bi, Omar (ra) se mit d’accord avec le propriétaire d’un cheval qu’il voulait acheter. Il l’utilisa sans en avoir acquitté le prix, pour le transport de matériaux. Entre temps ledit cheval, lors de ce transport se blessa le pied. Son propriétaire demanda réparation à Omar. Le Calife demanda à son adversaire de choisir un homme pour trancher ce litige. Le belligérant choisit Chouraih Al-Iraqi (ra). Les deux parties lui posèrent le cas.
Chouraih dit à Omar (ra) : 
« Vous avez pris le cheval en bonne santé, vous devez le rendre en ce même état à son propriétaire. » 

L’exactitude du verdict rendu par Chouraih plut à Omar il le désigna au poste de juge (cadi) à Koufa.

Pour la surveillance des poids et mesures ainsi que la qualité des marchandises, Omar (ra) désigna une femme du nom de  Ash-Shifa’, afin d’inspecter, contrôler et supprimer les éventuelles exagérations publiques dans les marchés de Médine.

Il a été rapporté qu’un jour César dépêcha un agent vers Omar Ibn Al-Khattâb pour s’enquérir de sa condition et de sa politique. Une fois à Médine, il demanda aux Musulmans : « Où puis je trouver votre roi ? » 
On lui répondit : « Nous n’avons pas de roi, mais un Emir ! Il est quelque part, hors de la ville ».

Il partit à sa recherche. Il le trouva couché à même le sable, et pour oreiller son bâton. L’apercevant dans cette posture, il fut impressionné et dit : 
« Cet homme, redouté de tous les rois par peur, mène une vie pareille ! C’est sûrement sa justice qui lui concède de jouir d’un sommeil aussi calme. Alors que notre roi, qui est inique, est toujours sur ses gardes. »

Tabari rapporta que Omar ben Al-Khattâb (ra) a dit :
« Si un pâtre, au bord du Tigre ou de l’Euphrate, (deux fleuves d’Irak, à plus de trois mille kilomètres de Médine) égarait un mouton, j’aurais la crainte qu’Allah ne m’en demande des comptes, pour ne pas veiller sur son bien. »

On rapporte, un jour Bilal vint voir Omar (ra), Aslim son serviteur, l’informa qu’il dormait. Bilal (ra) en profita pour demander comment se conduisait Omar avec les siens et son entourage. Aslim lui répondit : 
« C’est le meilleur des hommes, mais quand il se met en colère, cela fait peur ! »
Bilal (ra) lui dit : 
« Si chaque fois qu’il se mette en colère, tu lui lis le Coran, il s’apaisera et sa fureur disparaîtra. » 

Parlant de la justice, Omar (ra) dit : 
« Cette responsabilité nécessite quelqu’un qui se comporte avec une sévérité sans coercition, et une bienveillance sans complaisance. »


Les œuvres magistrales accomplies durant le califat de Omar Ibn Al Khattâb

Le successeur du successeur du Messager d’Allah (saw), à qui l’on attribua par la suite le titre de « Amîr al-Mu’minîn » (Emir des croyants) accomplit des œuvres magistrales durant les dix ans et demi qu’a duré son califat :

  • L’achèvement de la conquête de l’Irak ;
  • La conquête de la Perse et l’avancée dans les territoires d’Afghanistan et du Turkménistan jusqu’au fleuve d’amou-Daria ;
  • L’achèvement de la conquête du Shâm (Syrie, Jordanie, Palestine et Liban actuels) ;
  • La conquête de l’Egypte et de Tripoli ;
  • La fondation des villes (cf. Bassora, Koufa et Fustat) ;
  • La promotion de l’enseignement des sciences islamiques ;
  • L’institution du calendrier musulman ;
  • L’organisation de l’administration publique (avec l’établissement de registres : dawâwîn, l’organisation des forces armées musulmanes, la création de la trésorerie de l’Etat, la construction d’établissements hospitaliers, l’organisation des affaires commerciales et l’inspection des marchés, la construction de prisons, le creusage de puits et de canaux, le déblaiement des voies de passage et l’organisation des services de postes.)

Ainsi fut Omar (ra) le calife juste. Al-Farouk : le séparateur entre le bien et le mal, la justice et l’injustice, entre l’équité et l’iniquité, la légalité et l’illégalité, l’honneur et le déshonneur, la vertu et le vice, l’honnêteté et la malhonnêteté et enfin entre la dignité et l’indignité.

Qu’Allah le Tout-Puissant l’enveloppe dans Sa miséricorde.

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