Rappels Islamiques

Les Sources du Droit Musulman


Louange à Allah, que la prière et le salut soient sur son prophète Mohamed sur sa famille et sur tous ceux qui le suivent jusqu’au jour de la résurrection


Définition

Le mot arabe « Dalîl » signifie ce ou celui qui guide, qui mène à quelque chose de matériel ou de spirituel, de bon ou mauvais. En tant que terme, il signifie chez le ousoûlî l’indication précise ou imprécise qui conduit à dégager une loi divine pratique, grâce à une argumentation juste. Les termes arabes « adilla », « ousoûl», « masâdir tachri‘iya » sont synonymes. Ils signifient respectivement indications, fondements et sources de la législation.

Certains ousoûlî définissent le terme « Dalîl » comme ce qui permet de dégager sans ambiguïté une loi indiscutable (Qat‘iya, soit une loi ou une indication certaine susceptible d’une seule et unique interprétation), tandis que le terme « amâra » qui signifie signe, conduit à une loi qui est conjecturale (Dhanniya, soit une loi ou une indication incertaine ou susceptible de plus d’une interprétation).

Toutefois, le terme « Dalîl », dans son usage le plus répandu, signifie : l’indication permettant de dégager une loi divine, indiscutable ou conjecturale. Ainsi, les indications sont classées en deux catégories, les indications indiscutables (c’est-à-dire certaines) et conjecturales (C’est-à-dire incertaines).

Les principales sources du Droit

Les spécialistes des sciences religieuses reconnaissent unanimement qu’elles sont au nombre de quatre et sont classées par ordre d’importance comme suit :

Le Coran, la sunna, le consensus (ijmâ‘) et le raisonnement analogique (qiyâs).

Cela signifie que, confronté à un cas juridique, on cherche avant tout la solution dans le Coran ; s’il ne s’y trouve pas de prescription adéquate, on se tourne vers la sunna ; si celle-ci n’apporte pas de réponse, on se réfère à l’ijma‘, à savoir l’avis unanime des moujtahid anciens et contemporains ; s’ils ne se sont pas prononcés sur la question, on s’en remet alors à l’effort d’un moujtahid, qui, au moyen du raisonnement (qiyâs), dégage une loi en se fondant sur les Textes.

L’argument justifiant ce procédé se trouve dans le Coran :

« Croyants ! Obéissez à Dieu, obéissez au Prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité. En cas de désaccord entre vous, référez-en à Dieu et au Prophète, si vous croyez en Dieu et au Jour dernier. C’est un bien et la meilleure des issues ».

(Coran 4 Verset 59)

Dans ce verset, l’injonction d’obéir à Dieu et à son Prophète est une injonction de suivre le Coran et la sunna ; l’ordre d’obéir à ceux exerçant l’autorité parmi les Musulmans enjoint de suivre les avis des moujtahid car se sont eux qui exercent l’autorité en matière juridique.

Quant à l’ordre qui préconise de se référer à Dieu et au Prophète en cas de désaccord, c’est une injonction de pratiquer le qiyâs, lorsque les Textes ne prévoient pas le cas en question et que l’ijma‘ fait défaut. On cherche alors dans ces mêmes Textes une situation équivalente et l’on en tire une loi par raisonnement analogique. Le verset enjoint donc bien aux Croyants de suivre les lois fondées sur les quatre sources.

Quant au classement de ces quatre sources, il est justifié par le hadîth de Mou‘âdh ibn Jabal rapporté par al-Baghawî :

« Lorsque le Prophète (saw) envoya Mou‘âdh au Yémen, il lui demanda :
– Comment trancheras-tu les différends portés devant toi ?
– Je rendrai mon jugement selon le Livre de Dieu.
– Et si tu ne trouves pas de solution dans le Livre de Dieu ?
– Je la chercherai dans la sunna de Son Prophète.
– Et si tu ne la trouves pas dans la sunna de Son Prophète ?
– Je mettrai à profit ma raison, et je n’épargnerai pas mes efforts pour trouver une solution.
Mou‘âdh rapporta que le Prophète (saw) lui donna une tape sur la poitrine pour le féliciter, en disant « Louange à Dieu qui a permis au messager de Son Prophète de le satisfaire ».

Dans le même esprit, al-Baghawî rapporte également les propos de Maymoûn ibn Mahrân :

« Lorsqu’Abou Bakr devait régler un litige, il consultait le Livre de Dieu, et s’il y trouvait une solution il rendait un jugement en conséquence. Dans le cas contraire, s’il avait connaissance d’un jugement du Prophète sur ce point, il l’appliquait. Si la sunna était muette à ce sujet, il réunissait les gens faisant autorité afin qu’ils le conseillent, appréciait leurs avis et si une solution emportait le consensus, il rendait son jugement. ‘Omar agissait de même ».

Les plus illustres des Compagnons du Prophète et les Croyants détenteurs de l’autorité les ont approuvés dans leur démarche. Il n’y a jamais eu de divergence sur la hiérarchie établie entre ces quatre sources.

Outre ces quatre sources, il en existe d’autres qui ne font pas l’unanimité des spécialistes, les plus connues étant au nombre de six :

Le choix préférentiel (al-istihsân), l’intérêt général indéterminé (al-maslaha al-moursala), la présomption de continuité (al-istishâb), l’usage compatible avec les préceptes religieux (al-‘ourf), l’avis d’un Compagnon du Prophète (madhhab as-sahâbî) et les lois des communautés monothéistes qui ont précédé l’Islam (char‘ man qablanâ)

Nous ferrons une suite d’article qui aura pour objet une étude détaillée de ces dix sources.


Et Allah seul détient La Vérité
Sur ce, Que la Paix de Dieu soit sur vous et vous accompagne partout où vous êtes.

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