Rappels Islamiques

La première Source du Droit Musulman : Le Coran


Louange à Allah, que la prière et le salut soient sur son prophète Mohamed sur sa famille et sur tous ceux qui le suivent jusqu’au jour de la résurrection


1. Caractéristiques
2. Autorité et force probante
3. Catégories des lois coraniques
4. Versets indiscutables et versets conjecturaux


Caractéristiques

Le Coran est la Parole divine transmise par l’archange Gabriel (Jibrîl) au Messager de Dieu

Mohammad ibn ‘Abdallâh, exprimée en langue arabe et contenant le Vérité. Il est à la fois une preuve de la prophétie de Mohammad (saw), une table de lois destinée à guider les hommes et une prière dont la récitation est un acte d’adoration de Dieu. Son texte écrit, le moushaf commence par la sourate al-Fâtiha et se finit par la sourate an-Nâs. Il nous a été transmis de génération en génération sans interruption, par écrit et oralement. Dieu le préserve de toute altération ou modification, comme nous l’affirme ce verset :

« En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Rappel et, certes, c’est Nous qui en sommes gardien. »

(Coran 15 Verset 9)

L’une des caractéristiques du Coran est que ses termes, ainsi que leurs significations, sont l’œuvre de Dieu. Son expression arabe est celle-là même révélée au Prophète. Ce dernier n’avait qu’à le réciter et le transmettre aux fidèles. Par conséquent :

1. Tout ce que Dieu inspira au Prophète et que ce dernier formula par ses propres mots ne peut être considéré comme faisant partie du Coran. De tels dires n’ont pas, non plus, la même légitimité que le Coran. Cela ne représente que les hadîth du Prophète. Il en est de même des ahâdîth al-qoudousiya, qui sont les paroles rapportées de Dieu par le Prophète et formulées par ce dernier. Ils ne font pas partie du Coran, ne possèdent pas sa légitimité, ne sont pas récités lors des prières prescrites, et leur récitation n’est pas considérée comme un acte pieux.

2. Le texte de l’exégèse du Coran, écrit en arabe et paraphrasant celui du Coran, si précis et fidèle soit-il, n’est pas considéré comme un équivalent du texte coranique. Les termes arabes du Coran ont été spécifiquement révélés par Dieu.

3. La traduction d’une sourate ou d’un verset coranique en une langue étrangère – si fidèle et précise soit-elle – ne peut avoir la même valeur sacrée que le Coran, parce que les termes arabes du Coran sont l’œuvre de Dieu. Certes, un texte explicatif du Coran ou une traduction, faits par des hommes dignes de confiance, pieux et compétents peuvent être considérés comme des références aidant à comprendre le Texte sacré ; toutefois, ils n’auront jamais le statut que lui, c’est-à-dire que les formulations, leurs termes généraux ou indéfinis ne peuvent être utilisés pour soutenir un avis ou affirmer une position, parce qu’ils ne sont pas des formulations et des termes coraniques. On ne peut pas les réciter lors des prières prescrites ou autres actes de dévotion.

Le Coran se distingue aussi par le trait suivant : il nous a été transmis par une chaîne continue de rapporteurs qui n’a connu ni interruption ni défaillance. Son mode de transmission est donc une preuve irréfutable de son authenticité. Par conséquent, certaines « lectures » du Coran qui ne font pas l’unanimité – qui étaient par exemple rapportées par un seul Compagnon – ne sont pas considérées comme faisant partie du Coran et n’ont pas la même valeur que lui.

Autorité et force probante

Deux faits prouvent que le Coran a autorité sur les gens et que l’ensemble de ses prescriptions a force de loi : d’une part, il provient de Dieu ; d’autre part, il a été transmis tel quel, sans souffrir d’altération.

L’origine divine du Coran est prouvée par le fait qu’il est inimitable. Les hommes sont totalement incapables de produire un texte semblable au Coran.

Définition et principes de l’inimitabilité « i‘jâz » du Coran

Le terme arabe « i‘jâz » signifie imputer l’impuissance à autrui. L’expression arabe suivante :

a‘jaza ar-rajoulou akhâhou veut dire untel a prouvé que tel autre est impuissant ou incapable de faire quelque chose. Appliqué au Coran le terme « a‘jaza » signifie que ce dernier met en évidence l’incapacité des humains à l’imiter.

Trois conditions sont nécessaires pour prouver l’impuissance d’autrui :

premièrement : le défi, c’est-à-dire défier l’adversaire d’entrer en compétition avec soi.
deuxièmement : l’existence d’une raison qui pousse le contestataire au défi.
troisièmement : l’absence de tout ce qui peut l’empêcher de relever le défi.

A titre d’exemple, un sportif quelconque prétend être le champion de sa catégorie et l’un de ses adversaires conteste sa prétention. Celui qui se prétend champion lance un défi au contestataire, en l’invitant à se mesurer à lui ou à lui présenter quelqu’un d’autre capable de le faire. Le contestataire, bien qu’il tienne à sa position, qu’il soit en bonne santé et que rien ne l’empêche de relever le défi, lui-même ou par le biais d’un autre, se dérobe. Il avoue ainsi son impuissance et reconnaît la supériorité dudit champion.

Le saint Coran lance un défi permanent à ses détracteurs. Ces derniers sont bien motivés pour relever ce défi et rien ne les empêche de le faire.

Pourtant, ils ne créent pas de texte qui puisse rivaliser avec le Coran ou l’égaler.

Le défi fut lancé par le Prophète (saw) quand il se déclara Messager de Dieu, présentant comme preuve le Coran qu’il récitait et qui lui était révélé par Dieu. A ses détracteurs, il dit :

« Si vous doutez de l’origine divine de ce texte, si vous croyez qu’il est l’œuvre d’un être humain, alors produisez un texte pareil, ou seulement dix sourates ou même une seule ! »

Il les défia sur un ton provoquant. Il utilisa des expressions vexantes et sarcastiques qui incitent à agir et à combattre. Il prit Dieu pour témoin de leur incapacité d’imiter le Coran :

Dieu dit dans la sourate al-Qasas, « Le récit » :

« Dis-leur : « Apportez donc une Ecriture émanant de Dieu qui, mieux que ces deux-là, soit un guide – je la suivrai – si vous êtes véridiques. » S’ils ne répondent pas à ton appel, sache qu’ils ne font que suivre leurs passions. »

(Coran 28 Verset 49-50)

Et Dieu dit dans la sourate al-Isrâ’, « Le voyage nocturne » :

« Fussent les hommes et les djinns s’unir pour produire un Coran pareil à cette prédication, ils n’y parviendraient pas, même en se soutenant les uns les autres »

(Coran 17 Verset 88)

Il dit encore dans la sourate « Houd » :

« Diront-ils : « Il l’a inventé ? » Réponds : « Apportez donc dix sourates inventées comparables à ceci et appelez, en dehors de Dieu, qui vous voudrez, si vous êtes véridiques. »

(Coran 11 Verset 13)

Et dans la sourate al-Baqara, « La vache » :

« Si vous doutez de ce que Nous avons révélé à Notre serviteur, apportez donc une sourate qui soit semblable à ceci et citez vos témoins, en dehors de Dieu, si vous êtes véridiques. »

(Coran 2 Verset 23)

Enfin, Dieu dit dans la sourate at-Toûr, « Le mont » :

« Disent-ils qu’il a lui-même forgé cela ? Bien loin de là ! Ce sont eux-mêmes qui refusent d’y croire ! Qu’ils apportent donc une œuvre pareille à celle-ci, s’ils sont véridiques. »

(Coran 52 Verset 33-34)

Les raisons pour relever le défi lancé par le Coran ne manquaient pas à ses détracteurs, et elles sont évidentes. Le Prophète se proclamait Envoyé de Dieu et appelait à une religion qui désavouait les croyances héritées par les Arabes de leurs ancêtres. Il critiquait l’immaturité de leurs esprits et tournait en dérision leurs idoles. Il présentait le Coran comme la preuve de sa mission prophétique et les défiait de produire un texte semblable. Ils devaient être motivés pour créer un texte capable de rivaliser avec celui présenté par Mohammad afin de mettre fin à ses attaques, d’infirmer sa preuve et de réfuter sa prophétie. Agissant ainsi, ils auraient pu venger l’honneur de leurs dieux, sauvegarder leur religion et se préserver de la  guerre.

Aucun obstacle ne les empêchait de relever le défi. En effet, le Coran est formulé dans une expression arabe, son lexique, son style sont donc ceux des Arabes. Ces derniers n’étaient ils pas les rois de l’éloquence ? Ne comptaient-ils pas parmi eux de nombreux poètes et orateurs maîtrisant parfaitement l’art du discours ? Cela, au niveau lexical.

Considérons maintenant leur compétence au niveau sémantique : la littérature arabe pré-islamique poèmes, discours, récits de sagesse et débats – témoigne de leur maturité d’esprit et leur profonde expérience de la vie. En outre, le Coran leur suggérait de se faire aider par d’autres – les prêtres et les gens du Livre – et de se préparer comme il se doit à la compétition. Par ailleurs le Coran ne fut pas révélé en une seule fois, et ils ne pouvaient donc prendre pour excuse l’impossibilité de produire un aussi long texte en si peu de temps. Sa révélation s’est étalée sur vingt-trois ans. Le temps écoulé entre la révélation de chaque passage suffisait pour permettre à ceux qui le voulaient d’imiter ce qui avait été révélé – si toutefois ils en étaient capables.

Certes, dans plusieurs versets coraniques, Dieu, par la bouche du Prophète, défiait les incrédules d’imiter le Coran. Ces derniers ne purent pas le faire ; ce n’était pas faute de volonté ou de motivation, mais faute de capacité. Si seulement les détracteurs du Coran avaient réussi à l’imiter, ils auraient pu sauver l’honneur de leurs dieux, réduire au silence celui qui s’est moqué d’eux et se préserver de la guerre. Mais, au lieu de rivaliser avec le Coran, ils conspirèrent contre le Prophète (saw). N’était-ce pas là la preuve de leur impuissance et de leur capitulation devant le caractère divin et inimitable du Coran ? Ils avaient donc ainsi reconnu qu’il était au-dessus des moyens humains et que son auteur était bel et bien Dieu.

En quoi consiste l’inimitabilité (i‘jâz) du Coran ?

Mais pourquoi les hommes sont-ils réduits à l’impuissance face au phénomène coranique ?

Les spécialistes s’accordent sur le fait que le caractère inimitable du Coran est multifactoriel.

Les hommes sont incapables de produire un texte semblable au Coran tant du point de vue du lexique que du sens et de la valeur spirituelle. Sa supériorité s’affirme donc de plusieurs manières. Par ailleurs, il est bien connu que l’esprit humain n’a pas encore percé tous les secrets de l’aspect miraculeux du texte coranique. Le voile se lève sur ces secrets au fur et à mesure que les croyants étudient le Coran, et que les scientifiques découvrent les lois qui régissent l’univers et les merveilles des êtres vivants. Oui, chaque découverte vient confirmer le caractère divin du Coran.

Donnons, ci-dessous, quelques exemples qui attestent de l’inimitabilité du Coran :

1. La cohésion et l’harmonie entre son expression, sa signification, ses lois et sa vision du monde

Le texte coranique se compose de six mille versets. Il comprend une variété de formes d’expression et de style. Il traite de divers sujets d’ordre cultuel, moral, juridique. Il contient tout à la fois une cosmogonie, une éthique sociale et une métaphysique. Toutefois, l’expression de l’ensemble est toujours de qualité constante, d’un verset à l’autre le style est égal à lui-même. Les termes sont tous pertinents et précis. Le niveau de la rhétorique est le même tout au long du texte. L’expression correspond parfaitement à la situation décrite ou à la prescription donnée. Chaque mot est nécessaire là ou il est.

Son contenu ne souffre d’aucune contradiction interne ni ses prescriptions d’aucune opposition entre elles. Ses objectifs vont tous dans la même direction, ses principes et ses préceptes s’affirment les uns les autres. S’il était l’œuvre d’êtres humains – individus ou groupes – il souffrirait de contradictions dans son expression et dans son contenu. Même si l’esprit humain avait atteint les plus hauts degrés de maturité, il ne serait jamais capable de produire un texte de six mille versets, sur une période de vingt-trois ans, sans que celui-ci ne présente de différences du point de vue du style, de la concision et du contenu.

Dieu, le Sublime, attire notre attention sur cet aspect du miracle coranique en disant :

« Ont-ils jamais vraiment médité sur le Coran ? Si ce Livre venait d’un autre que Dieu, ils y trouveraient maintes contradictions. »

(Coran 4 Verset 82)

Certes, il y a parfois des différences de style et de formes d’expression dans certains versets : cela n’est nullement dû à un défaillance de style, mais c’est la conséquence du sujet abordé dans le verset. Les versets à teneur juridique – ceux qui déterminent le délai de

viduité de la femme divorcée, la répartition de l’héritage, les personnes ayant droit à

l’aumône, etc. – ne peuvent être formulés dans un style imagé et émouvant. Ils doivent être énoncés en des termes concis et précis. Par contre, dans les versets ayant trait à la croyance – les rites païens, récit du déluge, démonstration de l’omnipotence de Dieu, énumération des bienfaits divins ou avertissement des châtiments infligé aux mécréants – le style est métaphorique et émouvant. En effet, la concision et la précision ne peuvent convenir à de tels sujets. Maîtriser l’art littéraire ne résume-t-il pas à placer le mot juste là où il faut, quand il le faut ?

Quant à la contradiction apparente entre le contenu de certains versets, les exégètes ont montré qu’elle disparaît lors de l’étude approfondie du sens des versets en question. A titre d’exemple, ils citent les versets suivants :

« Tout bien qui t’arrive vient de Dieu ! Tout mal qui t’atteint vient de toi-même ! Nous t’avons envoyé aux hommes comme Messager. Dieu suffit comme témoin. »

(Coran S 4 Verset 79)

« Dis-leur : Tout vient de Dieu. »

(Coran 4 Verset 78)

« Quand Nous décrétons la perte d’une cité, Nous lâchons la bride à ses riches qui se livrent à la perversion. Notre arrêt, déjà pris, se trouve dès lors justifié. Aussi la saccageons-Nous de fond en comble. »

(Coran 17 Verset 16)

Ce verset s’oppose apparemment aux deux précédents qui certifient que Dieu n’ordonne jamais de faire le mal. En examinant scrupuleusement ces textes, il apparaît cependant qu’ils sont parfaitement cohérents les uns avec les autres, tandis que :

« Si ce Livre venait d’un autre que de Dieu, ils y trouveraient maintes contradictions. »

(Coran 4 Verset 82)

2. La concordance des vérités coraniques avec celles de la science

Dieu a révélé le Coran pour servir de preuve à Son Prophète et de lois fondamentales aux êtres humains. Il ne l’a pas destiné à être un traité scientifique expliquant la création de l’univers et de l’homme, et décrivant les mouvements des astres.

Cependant – pour prouver l’existence de Dieu, Son unicité et pour rappeler aux humains

Ses bienfaits, etc.- certains versets coraniques évoquent des lois naturelles qui régissent l’univers. La science moderne a prouvé l’exactitude des données coraniques et a ainsi confirmé l’origine divine de ce texte. En effet, les contemporains du Prophète ne connaissaient rien des vérités scientifiques citées dans le Coran. Ainsi, chaque fois que la science permet de découvrir une loi naturelle que le Coran a mentionné, cela témoigne à nouveau qu’il provient de Dieu. Dieu dit dans ce sens dans la sourate Fousilat, « les Détaillés » :

« Dis : Qu’en pensez-vous ? Si ce Coran émane de Dieu et que vous le récusez, qui sera plus égaré que celui qui a tout rompu avec la foi ? Nous leur montrerons si bien Nos signes dans l’univers et en eux-mêmes, qu’ils sauront bien un jour que ceci est la vérité. Eh quoi ! Ne suffit-il pas que ton Seigneur soit le témoin de toute chose ? »

(Coran 41 Verset 52-53)

Parmi les versets qui expliquent les phénomènes naturels montrant la force créatrice de Dieu et ses bienfaits prodigués aux hommes, citons les suivants :

« [Le jour où] tu verras les montagnes que tu croyais figées filer comme filent les nuages – œuvre de Dieu qui a ordonné au mieux toute chose, et qui est parfaitement informé de ce que vous faites. »

(Coran 27 Verset 88)

« Nous envoyons des vents fécondants. »

(Coran 15 Verset 22)

« Les mécréants ne voient-ils pas que les cieux et la terre formaient à l’origine une masse compacte, que Nous les avons scindés et que de l’eau, Nous avons fait tout ce qui est vivant ? »

(Coran 21 Verset 30)

« Par Lui les deux mers confluent l’une vers l’autre, elles sont sur le point de se confondre. »

(Coran 55 Verset 19)

« Nous avons crée l’homme d’un extrait d’argile ; puis Nous en fîmes une goutte de sperme déposée en un réceptacle sûr. Cette goutte devint une adhérence dont nous fîmes un morceau de chair où se dessinèrent les os. Nous recouvrîmes le squelette de muscle : Nous avons ainsi créé un nouvel être. Béni soit Dieu, le meilleur des créateurs ! »

(Coran 23 Verset 12-14)

Certains chercheurs, spécialistes des études coraniques, désapprouvent l’explication des versets du Coran par référence aux découvertes et aux théories scientifiques. Ils argumentent leur désapprobation ainsi :

« Le sens du Coran est constant, alors que les résultats des recherches scientifiques évoluent sans cesse ; ce qui a été juste à un moment donné, peut s’avérer faux suite à une nouvelle découverte. »

Nous nous opposons à cette argumentation. Expliquer un verset coranique à la lumière des données scientifiques modernes n’est qu’une approche parmi tant d’autres. Cela ne restreint, en aucun cas, la signification du verset. Si les données ou théories scientifiques utilisées s’avèrent fausses, l’interprétation du verset sera donc erronée. Toutefois, l’erreur ne concerne nullement le verset en tant que tel. Cela est analogue au fait de déduire une prescription d’un verset puis de se rendre compte que l’on s’est trompé, à la lumière d’une nouvelle indication.

3. Le Coran prédit un avenir que seul Dieu connaît

Le Coran a informé le Prophète sur des évènements futurs dont ses contemporains ne pouvaient alors avoir connaissance. On peut citer, à titre d’exemple, le verset qui annonçait la victoire des Byzantins sur les Perses :

« Alif.Lâm.Mîm. Les Byzantins ont été vaincus dans un pays voisin ; mais après leur défaite, ils seront vainqueurs. »

(Coran 30 Verset 1-3)

Ou encore le verset :

« Vous entrerez dans la Mosquée Sacrée, si Dieu le veut, en toute sécurité. »

(Coran 48 Verset 27)

Le Coran raconte aussi l’histoire de peuples disparus depuis l’Antiquité et qui n’ont pas laissé de traces. Ceci est une preuve supplémentaire qu’il provient de Dieu, qui seul connaît le passé, le présent et l’avenir. Dieu, le Sublime, évoque cet aspect du miracle coranique dans Sa parole :

« Voilà autant d’épisodes des temps passés que Nous te révélons. Tu ne les connaissais pas auparavant, pas plus que ton peuple. »

(Coran 11 Verset 49)

4. La concision et l’éloquence du style du texte coranique

Il n’existe pas dans le Coran aucun terme qui puisse choquer l’oreille ou qui soit incompatible avec les termes précédents ou suivants. Ses mots forment un ensemble cohérent et harmonieux, et ses expressions variées conviennent parfaitement aux situations qu’elles décrivent ; il est le modèle parfait de l’art du discours. Les spécialistes de la langue arabe apprécient, à leur juste valeur, les métaphores, les argumentations et les illustrations d’idées si bien exprimées dans le texte coranique, et même ses détracteurs les plus versés dans l’art de la rhétorique lui reconnaissent cette qualité. Les deux imams az-Zamakhcharî et ‘Abd al- Qâhir ont démontré, le premier dans « Al-kachâf », et le second dans « Dalâ’il al-i‘jâz » et

« Asrâr al-balâgha », tous les aspects de la rhétorique coranique.

Quant à la force persuasive et émotionnelle du Coran, elle est ressentie par toute personne sensible. Il suffit ici de rappeler qu’écouter la récitation Coran est un plaisir dont on n’est jamais rassasié. Al-Walîd ibn al-Moughîra, l’un des ennemis les plus acharnés du Prophète, reconnaissait que le Coran est « agréable à entendre, plein de douceur, tel un arbre dont les racines sont bien fortes et les branches lourdes de fruits ».

Les véritables qualités de quelqu’un ne sont-elles pas celles reconnues par ses ennemis ?

Catégories de lois

Le Coran contient trois catégories de prescriptions :

1. Les prescriptions concernant la croyance : elles déterminent ce en quoi le Musulman doit croire, à savoir : Dieu, Ses anges, Ses Livres, Ses prophètes et le Jour dernier.

2. Les prescriptions relevant de la morale : elles définissent les vertus et les vices, le bien et le mal.

3. Les prescriptions relatives à la pratique de la religion : elles régissent les dires et les actes de la personne majeure et responsable (relations sociales, contrats, culte, etc.). Cette catégorie de prescriptions constitue le Droit (fiqh) issu du Coran. La science de ousoûl al-fiqh a pour objet l’élaboration des bases de ce fiqh.

Les prescriptions ou lois pratiques du Coran se répartissent en deux sous-catégories :

Celles relatives au culte (‘ibâdât) et celles relatives aux transactions sociales (mou‘âmalât).

Les prescriptions des ‘ibâdât organisent le culte c’est-à-dire la prière, le jeûne, l’aumône légale, le pèlerinage, les vœux et les serments. Bref, tous les actes pieux qui concernent la relation de l’homme avec Dieu.

Les prescriptions des mou‘âmalât régissent la vie sociale dans tous ses domaines relationnel, contractuel, juridique, etc. Elles codifient les relations des individus et des groupes. Selon la terminologie religieuse, les mou‘âmalât recouvrent tous les actes et dires de la personne majeure et responsable sauf ceux qui font partie du culte. Dans l’usage moderne, ce terme recouvre les domaines du Droit suivants :

1. Le statut personnel : l’ensemble des lois concernant la famille, dès sa constitution, à savoir les relations conjugales et familiales. Le nombre de versets coraniques se rapportant à ce sujet est de soixante-dix environ.

2. Le droit civil : l’ensemble des lois qui organisent les différents échanges entre les individus, tels que les actes de vente, de location, de prise en charge, d’association, de créance et les engagements divers. Ces lois réglementent les relations financières et sauvegardent les droits des parties contractantes. Elles constituent environ soixante-dix versets.

3. Le droit pénal : l’ensemble des lois qui déterminent les sanctions correspondant aux délits et crimes commis par les personnes majeures et responsables. Il garantit la sécurité de la vie humaine, des biens personnels, de la réputation des personnes et leurs droits. Il définit les rapports entre la victime, le coupable et la société musulmane. Cet ensemble occupe une trentaine de versets.

4. Le droit de la défense : l’ensemble des lois qui concernent le jugement, le témoignage et le serment. Ces lois déterminent la procédure juridique de manière à réaliser l’équité parfaite en tranchant les différends entre les gens. Elles comprennent treize versets.

5. Le droit constitutionnel : l’ensemble des lois qui constituent les principes fondamentaux de l’Etat musulman. Il définit la relation entre le gouvernant et les gouvernés, et précise les droits des individus et des groupes. Les versets s’y rapportant sont au nombre de dix.

6. Le droit international : l’ensemble des lois qui codifient les relations de l’Etat musulman avec les pays étrangers et avec les non-Musulmans vivant sur son sol. Ces lois traitent de ces relations en temps de paix et en temps de guerre, et définissent les rapports que les Musulmans doivent entretenir avec les étrangers et les non-Musulmans vivants parmi eux.

Elles sont énumérées dans environ vingt-cinq versets.

7. Le droit des affaires et des finances : l’ensemble des lois qui déterminent les droits qu’ont les pauvres et les démunis sur la fortune des nantis. Ces lois organisent les recettes et les dépenses publiques, et les relations économiques entre les riches et les pauvres, et entre l’Etat et les citoyens. Elles sont énoncées dans une dizaine de versets.

En étudiant les versets prescriptifs on s’aperçoit que les prescriptions concernant le culte et le statut personnel (relations conjugales et héritage) sont détaillées parce qu’elles relèvent de la croyance et de la relation du croyant avec Dieu.

Elles appartiennent au spirituel plus qu’au rationnel et restent, de ce fait, immuables malgré les changements d’époque et de société. Quant aux prescriptions relatives au droit civil, pénal, constitutionnel, international et elles consistent en des principes généraux et des règles de base. Rares sont dans le Coran les lois détaillées. On en déduit qu’elles se modifient en fonction de l’évolution de la société et selon l’intérêt public. Le Coran fournit donc une plate-forme juridique et laisse aux dirigeants musulmans le soin d’élaborer les lois correspondant à leur époque et l’intérêt général de leur société. En accomplissant cela, ils doivent respecter l’esprit des lois coraniques et ne pas contredire une prescription précisée dans le Coran.

Les versets indiscutables et les versets conjecturaux

Il n’existe aucun doute sur la transmission du texte coranique et de son contenu. Nous avons la certitude absolue que tous les versets que l’on récite sont ceux-là mêmes qui ont été révélés au Prophète par Dieu. Le Prophète (saw) a transmis le Coran aux croyants sans lui faire subir la moindre altération (dans le sens ou la forme), ceci de la façon suivante :

Chaque fois qu’il recevait un verset ou une sourate, il récitait le passage à ses compagnons et le dictait à ses secrétaires. Les Compagnons qui savaient écrire, copiaient le texte révélé et le conservaient chez eux, afin de l’apprendre et de le réciter pendant leurs prières. A la mort du Prophète (saw), tous les versets étaient consignés par écrit et mémorisés par un grand nombre de Compagnon.

Aboû Bakr confia à Zayd ibn Thâbit (Le serviteur du Prophète et l’un de ses secrétaires) et à un groupe de Compagnons – qui maîtrisaient l’art d’écrire et connaissaient le Coran par cœur – le soin de rassembler toutes les copies du texte coranique et d’en constituer un exemplaire dans lequel les sourates furent classées selon l’ordre qu’avait indiqué le Prophète lui-même.

Ce livre devint la référence principale des Musulmans qui voulaient apprendre le Coran ou le copier. Par ailleurs, les Compagnons connaissant le Coran par cœur et qui étaient encore vivants, constituaient une référence supplémentaire.

A l’instar de son prédécesseur, ‘Omar, de son vivant, garda précieusement cet exemplaire.

Puis il le confia à sa fille Hafsa (Une des épouses du Prophète (et fille de ‘Omar). Elle avait donc le statut de mère des croyants). Une fois devenu Calife, ‘Othmân emprunta à Hafsa ledit exemplaire et confia au même Zayd ibn Thâbit la tâche d’en faire des copies conformes qu’il envoya par la suite aux différentes contrées conquises par les Musulmans. Zayd fut aidé par plusieurs illustres Compagnons appartenant aux Auxilliaires (ansâr) et aux Emigrés (mouhâjiroûn).

En résumé, Aboû Bakr a rassemblé toutes les copies authentifiées du texte coranique, les a conservées précieusement et en a reproduit une copie unifiée. ‘Othmân ordonna de reproduire cette copie en plusieurs exemplaires qu’il diffusa dans tout le monde musulman, faisant détruire les autres textes non conformes. Ainsi, tous les Musulmans avaient accès au même texte coranique. Le texte de l’exemplaire distribué par ‘Othmân, appelé moushaf, est celui que les Musulmans lisent, récitent et apprennent depuis cette époque jusqu’à nos jours.

Chaque génération le transmet à la suivante, tel qu’elle a reçu elle-même. Le texte écrit est absolument identique à celui mémorisé par des millions de Musulmans de nationalités et de couleurs différentes, chinois, maghrébins, africains, européens, etc.

Tous sont réunis autour d’une lecture du même Livre, le Coran. Ils illustrent ainsi la parole divine :

« C’est Nous, en vérité, qui avons révélé le Rappel et, certes, c’est Nous qui en sommes gardien. »

(Coran 15 Verset 9)

Suivant leur sens, les versets (ou textes) prescriptifs sont répartis en deux catégories :

– les versets indiscutables

– les versets conjecturaux.

Un texte indiscutable n’est susceptible que d’une seule et unique interprétation. Il n’y a pas lieu de le comprendre de deux manières différentes. A titre d’exemple, citons les versets suivants :

« Vous avez droit à la moitié de ce que laissent vos épouses, si elles meurent sans laisser d’enfants. »

(Coran 4 Verset 12)

Le sens du verset est clair et précis, le mari a droit à la moitié de l’héritage laissé par sa défunte femme si celle-ci n’a pas laissé d’enfant.

« Fouettez-les chacun de cent coups de fouet. »

(Coran 24 Verset 2)

Pour le fornicateur et la fornicatrice, le châtiment de la fornication (az-zinâ) est donc bien déterminé à cent coups de fouet, ni plus ni moins.

De la même manière, tous les versets qui déterminent le partage de l’héritage ou les châtiments à appliquer aux crimes sont précis et indiscutables.

Quant aux versets conjecturaux, ils peuvent être compris de différentes manières, comme le verset suivant :

« Et les femmes divorcées doivent observer un délai de trois menstrues (qourou’). »

(Coran 2 Verset 228)

Le caractère conjectural de ce verset vient du terme arabe qourou’ qui a une double signification. Il désigne à la fois l’état de pureté et la menstruation. Cela pose la problématique suivante :
La divorcée doit-elle attendre le temps de trois périodes de pureté (période qui sépare deux menstrues consécutives) avant de se remarier, ou doit-elle attendre d’avoir trois menstrues ? Cette double signification a engendré deux interprétations différentes. Certains moujtahid soutiennent que la période d’attente se calcule selon le nombre de jours constituant le cycle menstruel, alors que d’autres affirment que la femme est libre dès qu’elle a eu ses règles pour la troisième fois (partant de la date de son divorce).

De même, cet autre verset :

« Vous sont interdits la bête morte et le sang. »

(Coran 5 Verset 3)

Ce verset comporte plus d’un sens. En effet, le terme « mayta » (bête morte) est vague ; on peut en déduire qu’il est interdit de manger tout cadavre d’animal, mais on peut aussi faire exception des cadavres d’animaux marins. Ainsi, tout texte qui contient un terme à sens multiple, ou un terme général ou vague, est un texte conjectural, car tout en exprimant une signification il est également susceptible d’en exprimer une autre.


Et Allah seul détient La Vérité
Sur ce, Que la Paix de Dieu soit sur vous et vous accompagne partout où vous êtes.

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