Fleur Bleue

La faute d’Eve et son Héritage

Tiré de « LA FEMME EN ISLAM – Le Mythe Et la Réalité dans la Tradition judéo-chrétienne » du Dr Chérif Abdel-Azim


Louange à Allah, que la prière et le salut soient sur son prophète Mohamed sur sa famille et sur tous ceux qui le suivent jusqu’au jour de la résurrection.


Les trois religions conviennent sur un fait de base : Les femmes et les hommes sont créés par Dieu, le créateur de l’univers entier. Cependant, le désaccord commence peu après la création du premier homme, Adam, et de la première femme, Eve.

La conception de Judéo-chrétienne de la création d’Adam et d’Eve est narrée en détail dans la Genèse 2:4-3:24.

Dieu leur a interdit de manger des fruits de l’arbre interdit. Le serpent a séduit Eve à manger de cet arbre et Eve, à son tour, a séduit Adam à manger avec elle. Quand Dieu reprocha Adam pour ce qu’il a fait, il a jeté tout le blâme sur Eve,

« La femme que tu [m’]as donnée [pour être] avec moi, elle, m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé. »

Par conséquent, Dieu dit à Eve :

« Je rendrai très grandes tes souffrances et ta grossesse ; en travail tu enfanteras des enfants, et ton désir sera [tourné] vers ton mari, et lui dominera sur toi. »

À Adam il a dit :

« Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre ….. Maudit est le sol à cause de toi ; tu en mangeras [en travaillant] péniblement tous les jours de ta vie. »

La conception islamique de la création originelle se trouve dans plusieurs endroits dans le Coran, par exemple :

« Ô Adam, habite le Paradis, toi et ton épouse; et mangez en vous deux, à votre guise; et n’approchez pas l’arbre que voici; sinon, vous seriez du nombre des injustes. Puis le Diable, afin de leur rendre visible ce qui leur était caché – leurs nudités – leur chuchota, disant: «Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir des Anges ou d’être immortels». Et il leur jura: « Vraiment, je suis pour vous deux un bon conseiller. Alors il les fit tomber par tromperie. Puis, lorsqu’ils eurent goûté de l’arbre, leurs nudités leur devinrent visibles; et ils commencèrent tous deux à y attacher des feuilles du Paradis. Et leur Seigneur les appela: « Ne vous avais-Je pas interdit cet arbre? Et ne vous avais-Je pas dit que le Diable était pour vous un ennemi déclaré? Tous deux dirent: « Ô notre Seigneur, nous avons fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants »

(Coran 7 Verset 19 à 23)

Un soigneux examen des deux comptes de l’histoire de la Création indique quelques différences essentielles. Le Coran, contrairement à la bible, jette également le blâme sur Adam et Eve pour leur erreur. On ne trouve nul part dans le Coran le plus petit indice qu’Eve ait trompé Adam en lui faisant mangé de l’arbre, ou même qu’elle ait mangé avant lui. Eve dans le Coran n’est ni tentatrice, ni séductrice, et ni trompeuse. En outre, on ne peut attribuer à Eve les souffrances de la grossesse. Dieu, selon le Coran, ne punit personne pour les erreurs commises par un autre. Adam et Eve ont tous deux commis un péché et ont demandé pardon à Dieu et Il leur a tous deux pardonné.

L’image d’Eve comme tentatrice dans la Bible a eu pour résultat un impact extrêmement négatif sur les femmes tout au long de la tradition judéo-chrétienne. Toutes les femmes sont censées avoir hérité de leur mère, la biblique Eve, sa culpabilité et sa malignité. En conséquence, elles étaient toutes indignent de confiance, moralement inférieures et malfaisantes. Menstruation, grossesse et accouchement étaient considérés comme les justes punitions de la culpabilité éternelle du sexe féminin maudit. Pour apprécier à quel point négatif était l’impact de cette Eve biblique sur toutes ses descendantes féminines, nous devons nous pencher sur quelques écrits des plus célèbres juifs et chrétiens de tous les temps. Commençons par l’Ancien Testament et lisons ce qu’on appelle la Littérature Sage:

« Et j’ai trouvé plus amère que la mort la femme dont le cœur est un piège et un filet, et dont les mains sont des liens; celui qui est agréable à Dieu lui échappe, mais le pécheur est pris par elle. Voici ce que j’ai trouvé, dit l’Ecclésiaste, en examinant les choses une à une pour en saisir la raison; voici ce que mon âme cherche encore, et que je n’ai point trouver. J’ai trouvé un homme entre mille; mais je n’ai pas trouvé une femme entre elles toutes. »

(Ecclésiaste 7:26-28)

Dans une autre partie de la littérature hébraïque disponible dans la Bible catholique, nous lisons:

« Toute malice, plutôt que la malice de la femme » … « La femme a été le principe du péché, et c’est à cause d’elle nous devons tous mourir »

(Ecclésiaste-25:19,24)

Les rabbins juifs ont établi une liste de neuf malédictions infligées à la femme depuis la Chute d’Adam et d’Eve:

« A la femme Il donna neuf malédictions et la mort: la peine du sang des règles et de la virginité; le fardeau de la grossesse; la souffrance de l’accouchement; la charge d’élever les enfants; sa tête est couverte comme en deuil; elle se perce les oreilles telle l’esclave à vie, qui sert son maître; elle n’est pas assez crédible comme témoin; et après tout cela: la mort. Au jour d’aujourd’hui, les hommes juifs orthodoxes récitent dans leur prière quotidienne du matin « Béni le Dieu Roi de l’univers, qui ne m’a pas fait femme ». La femme, de son côté, remet Dieu chaque matin « de l’avoir faite selon Sa volonté »

(Thena Kendath, « Memories of an Orthodox youth » in Susannah Heschel, ed. On being a Jewish Feminist (New York: Schocken Books, 1983), pp. 96-97)

Une autre prière qu’on trouve dans de nombreux livres de prières juifs:

« Loué soit Dieu de ne pas m’avoir créé un Gentil. Loué soit Dieu de ne pas m’avoir créé femme. Loué soit Dieu de ne pas m’avoir créé ignare. »

(Swidler, op. cit, pp. 80-81.)

L’Eve biblique a joué un bien plus grand rôle dans le christianisme que dans le judaïsme. Son péché constitue un pivot de la foi chrétienne toute entière car la raison, selon les chrétiens, pour laquelle Jésus Christ serait venu sur Terre découle directement de la désobéissance d’Eve à Dieu. Elle a commis un péché, séduit Adam en le poussant à faire de même. En conséquence, Dieu les expulsa tous deux des Jardins d’Eden sur Terre, maudite par leur cause. Ils léguèrent leur péché, qui n’a pas été pardonné par Dieu, à tous leurs descendants, et par conséquent, tous les êtres humains naissent dans le péché. Pour purifier l’humanité du « péché originel », Dieu devait sacrifier Jésus, qu’ils estiment le Fils de Dieu, sur la croix. En conséquence, Eve est responsable de sa propre erreur, du péché de son mari, du péché originel de toute l’humanité, et de la mort du Fils de Dieu. Autrement dit, une femme, agissant de son propre chef, a causé la chute de l’humanité (Rosemary R. Ruether, « Christianity », in Arvind Sharma, ed., Women in World Religions (Albany: State University of New York Press, 1987) p. 209).

Que dire de ces filles? Elles sont aussi pécheresses qu’Eve et doivent être traitées comme elle. Ecoutez le ton sévère de Saint Paul dans le Nouveau Testament:

« Que la femme apprenne dans le silence, en toute soumission ; Mais je ne permets pas à la femme d’enseigner ni d’user d’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence ; Car Adam a été formé le premier, et puis Ève ; Et Adam n’a pas été trompé ; mais la femme, ayant été trompée, est tombée dans la transgression »

St. Tertullien mâche encore moins ses mots que St Paul, alors qu’il parlait à ses « bien aimées sœurs » dans la foi, il disait:

« Savez-vous que vous êtes chacune une Eve? La sentence de Dieu sur votre sexe subsiste aujourd’hui: la culpabilité doit donc exister nécessairement. Vous êtes la porte du Démon: vous avez décacheté l’arbre interdit. Vous avez déserté les premières la loi divine: vous avez persuadé celui que le démon n’a pas été assez courageux pour attaquer de face. Vous avez détruit si facilement l’image de Dieu, l’homme. Par la cause de votre désobéissance, même le Fils de Dieu a dû mourir. »

 St Augustin fut fidèle à l’héritage de ses prédécesseurs, en écrivant à un ami:

« Quelle différence que ce soit une épouse ou une mère? Nous devons toujours prendre garde d’Eve tentatrice qui subsiste dans chaque femme……je ne vois pas quelle utilisation peut faire l’homme de la femme, si on exclut la fonction d’élever les enfants. »

Des siècles plus tard, St Thomas d’Aquin considérait toujours les femmes comme défectueuse.

« En ce qui concerne sa nature individuelle, la femme est défectueuse et mal élevée, car la force active contenue dans la semence male tend à produire une similarité parfaite du sexe masculin. Alors que la production d’une femme vient d’un défaut dans la force active ou d’un manque d’une certaine matière ou même d’une influence externe. Finalement, le renommé réformateur Martin Luther ne pouvait voir aucun profit d’une femme si ce n’est d’amener au monde autant d’enfants que possible, peu importe les effets secondaires: Si elles se fatiguent ou meurent, cela n’a pas d’importance. Laissez-les mourir durant l’accouchement, c’est pourquoi elles sont là »

Encore et encore, toutes les femmes sont dénigrées à cause de l’image d’Eve la tentatrice, grâce au récit de la Genèse. Pour résumer, la conception judéo-chrétienne de la femme a été empoisonnée par la croyance dans la nature pécheresse d’Eve et de sa progéniture. Si nous prêtons notre attention à ce que le Coran dit au sujet de la femme, nous nous apercevons bientôt que la conception islamique de la femme est radicalement différente de la tradition judéo-chrétienne. Le Coran indique:

« Les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d’aumônes, jeûnant et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d’Allah et invocatrices: Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense »

(Coran 33 Verset 35)

« Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent la Salât, acquittent la Zakat et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage »

(Coran 9 Verset 71)

« Leur Seigneur les a alors exaucés (disant): « En vérité, Je ne laisse pas perdre le bien que quiconque parmi vous a fait, homme ou femme, car vous êtes les uns des autres. » »

(Coran 3 Verset 195)

« Quiconque fait une mauvaise action ne sera rétribué que par son pareil; et quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne action tout en étant croyant, alors ceux-là entreront au Paradis pour y recevoir leur subsistance sans compter. »

(Coran 40 Verset 40)

« Quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne œuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une bonne vie. Et Nous les récompenserons, certes, en fonction des meilleures de leurs actions »

(Coran 16 Verset 97)

Il est clair que le regard coranique porté sur la femme ne diffère en rien de celui porté sur l’homme. Ils sont tous deux les créatures de Dieu et leurs but sublime est l’adoration de leur Seigneur, exercer les bonnes actions, et ne pas commettre les péchés, et ils seront, tous deux, évalués en conséquence. Le Coran ne mentionne jamais que la femme est la porte du Satan ou qu’elle est trompeuse par nature.

Le Coran ne mentionne jamais non plus que l’homme est l’image de Dieu; tous les hommes et femmes sont Ses créatures, c’est tout. Selon le Coran, le rôle de la femme sur terre n’est pas limité à l’accouchement. Il lui est nécessaire de faire autant de bonnes actions que n’importe quel autre homme. Le Coran ne dit jamais qu’aucune femme honnête n’aurait jamais existé. Au contraire, le Coran a chargé tous les croyants, autant les femmes que les hommes, de suivre l’exemple de ces femmes idéales telles que la Vierge Marie et la femme de Pharaon :

« Et Allah a cité en parabole pour ceux qui croient, la femme de Pharaon, quand elle dit « Seigneur, construis-moi auprès de Toi une maison dans le Paradis, et sauve-moi de Pharaon et de son œuvre; et sauve-moi des gens injustes. De même, Marie, la fille d’Imran qui avait préservé sa virginité; Nous y insufflâmes alors de Notre Esprit. Elle avait déclaré véridiques les paroles de son Seigneur ainsi que Ses Livres: elle fut parmi les dévoués »

(Coran 66 Versets 11-12)

Et Allah Seul Sait….
Sur ce, Que la Paix de Dieu soit sur vous et vous accompagne partout où vous êtes.

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