Rappels Islamiques

Le Sacrifice de l’Aïd : Al Oudhiya


Louange à Allah, que la prière et le salut soient sur son prophète Mohamed sur sa famille et sur tous ceux qui le suivent jusqu’au jour de la résurrection.


SOMMAIRE

Rétrospective historique
La réalité de la fête du Sacrifice
La sagesse de la légifération du sacrifice
Le statut du Sacrifice
Qui offre le sacrifice ?
Les conditions du Sacrifice
  – Le temps du Sacrifice

Sa Nature
 – Quel est le meilleur pour Le Sacrifice : Le bélier ou le bœuf ?
 – Son âge
 – Sa description
L’association dans le sacrifice
La Description du sacrifice
Ce qu’il est recommandé pour celui qui sacrifie
Règles et bienséances du jour de l’Aïd
 – Les règles du jour de l’Aïd 
 – Les bienséances de l’Aïd 


Louange à Allah, que la prière et le salut soient sur son prophète Mohamed sur sa famille et sur tous ceux qui le suivent jusqu’au jour de la résurrection.


Certes Allah a honoré cette communauté par deux noble fêtes (‘aïd).

Toutes deux étant rattachées à des piliers de l’Islam.

– La première : La fête de la rupture du jeûne (‘aïd al Fitr) qui est rattachée au mois du jeûne et qui vient clôturer les dix derniers jours du Ramadhan dans laquelle il y a une nuit meilleure que mille mois.

Allah dit :

« Nous l’avons certes fait descendre (le Coran) pendant la nuit d’Al-Qadr. Et qui te dira ce qu’est la nuit d’Al -Qadr? La nuit d’Al-Qadr est meilleure que mille mois. Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l’Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre.  Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube. »

(Coran 97)

– La seconde : La fête du sacrifice (‘aïd al Adha) qui est rattachée au pilier du pèlerinage et qui vient clôturer les dix premiers jours de Dhoul Hijja.

Le prophète (saw) a dit :

« Il n’y a pas de jours plus importants auprès d’Allah au cours desquels les œuvres sont les plus aimées de Lui, que durant ces jours », c’est à dire les dix jours. 
Ils (les compagnons) dirent : Ô Messager d’Allah, Même pas le djihad dans le sentier d’Allah ?!
Il dit : « Même pas le djihad, sauf un homme sortant risquant sa vie et ses biens, et ne revenant avec rien » »

(Sahih Abou Daoud)

Al‑Hady : ce sont les bêtes que les pèlerins amènent à la Mecque pour les immoler. On les appelle ainsi, car elles représentent des offrandes faites à Allah.

Al Oudhiya: ce sont les bêtes sacrifiées dans les maisons le jour de l’Aïd et durant les trois jours suivants pour se rapprocher d’Allah. Les musulmans s’accordent à dire qu’il s’agit d’un rite canonique.

Dans le jargon juridique, le vocable Oudhiya désigne les chameaux, bovins, ovins et caprins sacrifiés le Jour du Sacrifice (Yawm An-Nahr) et pendant les jours du Tashriq dans le dessein de se rapprocher de Dieu. Toute bête immolée n’appartenant pas à l’une de ces trois catégories n’est pas une Oudhiya. Toute bête immolée en dehors des jours susmentionnés n’est pas une Oudhiya non plus, pas plus que celle immolée pour un autre dessein que celui de se rapprocher de Dieu.

Le grand savant, Ibn al‑Qayim, a dit :

« Le sacrifice pour le Créateur s’apparente à la fidya avec laquelle le condamné sauve sa personne. Allah a dit : « À chaque communauté, Nous avons assigné un rite sacrificiel, afin qu’ils prononcent le nom d’Allah sur la bête de cheptel qu’Il leur a attribuée. » (Coran 22 Verset 34). Le sacrifice et le sang versé au nom d’Allah sont bel et bien des rites figurants dans toutes les religions. »

Rétrospective historique

Faire des offrandes aux dieux est une pratique ancienne. Dieu dit au sujet des deux enfants d’Adam, Abel et Caïn : 

« Récite-leur encore l’histoire des fils d’Adam, en vérité, lorsque tous deux offrirent une oblation : accueillie de la part de l’un d’eux, elle ne le fut pas de l’autre. » 

(Coran 5 Verset 27)

Il dit également au sujet des Juifs : 

« À ceux qui disent : “Dieu a requis de nous pacte de ne croire à aucun envoyé tant qu’il ne nous produirait pas une offrande que dévorât le feu (céleste)” » 

(Coran 3 Verset 183)

Les exégètes disent que :

« La sœur jumelle de Caïn, prénommée Iqlîmyâ’, était belle tandis que la sœur jumelle d’Abel, qui se prénommait Liyûdhâ, ne l’était pas. Or, la loi d’Adam stipulait qu’une sœur née d’une grossesse devait épouser son frèred’une autre grossesse. (D’après la tradition, les enfants d’Adam et d’Ève naissaient deux par deux, un garçon et une fille dans chaque grossesse. Voir notre Article sur Le mariage chez les fils d’AdamCaïn envia alors Abel et voulut garder sa belle sœur jumelle pour lui. Les injonctions et remontrances de son père n’y firent rien. Ils décidèrent alors de faire une offrande ; Caïn offrit une botte de blé en épi tandis que Abel offrit un bélier. Dieu accepta l’offrande d’Abel. On rapporta que ce bélier fut élevé au paradis avant que Dieu ne l’envoie en substitution du sacrifice d’Ismaël (as). Récit rapporté par Sa`îd Ibn Juby et d’autres ; Seul Dieu en connaît l’authenticité. »        

La production d’offrandes fut une pratique courante chez les Juifs pour reconnaître la véracité des prophètes, puis abrogée par Jésus le fils de Marie, conformément au rapport d’Al-Qourtoubi.

Les historiens disent que les oblations consistaient à offrir des animaux, puis cette pratique s’étendit au sacrifice d’êtres humains. Il se peut même que la vision d’Abraham qu’il sacrifiait son fils procède de cette pratique. Le Très-Haut dit : 

« Quand celui-ci eut l’âge d’aller avec son père, son père lui dit : “Mon fils, je me suis vu en songe en train de t’immoler. Qu’en penses-tu ?” Il dit : “Mon père, fais ce qui t’est ordonné. Tu me trouveras endurant si Dieu veut.” » jusqu’à ce qu’Il dise : « Nous le rachetâmes par un prestigieux sacrifice. » 

(Coran 37 Versets 102 à 107)

De même, le sacrifice humain était connu chez les Arabes avant l’avènement de l’islam. On relate que `Abd Al-Muttalib fit vœu de sacrifier l’un de ses enfants, si Dieu lui en donnait dix. Le tirage au sort désigna son fils `Abdallâh, le père du Prophète (saw) mais les Quraysh l’empêchèrent de le sacrifier de peur que cette pratique devienne une tradition. Cette affaire se dénoua par le sacrifice de cent chameaux à la place de l’enfant. Al-Hakim rapporta selon Muawiya qu’un bédouin s’adressa au Messager (saw) lui disant : 

« Ô fils des deux sacrifiés ».

Le Prophète sourit et ne s’en offusqua point. Les deux sacrifiés dont il est question sont Ismaël le fils d’Abraham et `Abdallâh le fils de `Abd Al-Muttalib.

Dans l’Égypte ancienne, certains notables sacrifiaient leurs épouses et leurs esclaves et l’on brisait les lances et les flèches près de leurs tombes, afin qu’ils aillent dans l’au-delà complètement purifiés sans armes ni courtisans. On enterrait avec eux des miniatures de leurs maisons, de leurs commerces, de leurs serviteurs et de leurs troupeaux. Puis les sacrifices humains disparurent cédant la place au sacrifice des animaux et de poupées faites en croûte de porc ; la pratique légendaire consistant à offrir une jeune vierge en sacrifice au Nil lors des crues est une sorte de sacrifice humain envers les divinités. Ce genre de pratique n’était pas confiné à l’Égypte, on le retrouve dans tous les bassins fluviaux : à Sumer, en Irak, en Chine et en Inde. Puis, au sixième siècle avant Jésus-Christ, Bouddha apparut en Inde et Confucius en Chine, en conséquence de quoi les sacrifices furent limités aux animaux. Les sacrifices humains ne disparurent pas totalement pour autant. À Rome, il y eut une procession humaine sanglante au cours de laquelle Rome sacrifia aux divinités le fleuron de sa jeunesse lorsque Hannibal envahit le Sud de l’Italie et ce, deux siècles et demi avant Jésus-Christ.

De même, les Juifs offraient des sacrifices au Dieu « Yahvé » pour remercier et demander pardon lors d’un festival imposant tenu au Temple sous l’égide des prêtres ; le jour du Shabbat — le jour de repos — se tenait un festival spectaculaire à cette fin. Jusqu’au temps de la scission, le Judaïsme était une religion de peur et de terreur où les sacrifices humains avaient cours. Ainsi le Roi Âkhadh sacrifia-t-il son fils à Dieu, puis les prêtres modifièrent le protocole du sacrifice autorisant l’être humain à sacrifier une partie de son corps, par le biais de la circoncision car cela suffisait à satisfaire la Divinité. Enfin, par la bénédiction des prêtres, les sacrifices évoluèrent vers l’offrande d’animaux et de végétaux. La Bible recèle de nombreux récits de sacrifices, comme celui d’Abel et Caïn, ou encore celui où le Roi Jephté offrit sa fille en sacrifice d’holocauste.

La crucifixion du Christ est pour les Chrétiens le sacrifice par excellence et est désignée symboliquement par l’offrande d’un agneau. Les Catholiques et les Orthodoxes utilisent l’Ostie, les cierges et les statues en guise d’offrande.

Dans l’Arabie anté-islamique, les bestiaux étaient sacrifiés à la Ka’ba et immolés au nom des dieux ; les murs de la Ka’ba étaient parfois badigeonnés du sang des sacrifices. On accrochait des guirlandes au cou des bêtes destinées au sacrifice afin de les distinguer :

« Ô les croyants ! Ne profanez ni les rites de Dieu, ni le mois sacré, ni les animaux de sacrifice, ni les guirlandes »

(Coran 5 Verset 2)

Selon une opinion, le terme sha`â’ir, qui est le pluriel de sha`îrah, désigne les chamelles offertes en sacrifice à la Ka’ba, tandis que le ish`âr désigne la pratique consistant à raser la bosse de l’animal jusqu’à ce qu’il saigne afin que l’on sache qu’il est destiné au sacrifice. Notons au passage que les païens accomplissaient les grands et petits pèlerinages et sacrifiaient des bêtes. Lorsque les musulmans voulurent s’emparer de ces bêtes au cours d’une campagne militaire, Dieu révéla le verset : 

« Ô les croyants ! Ne profanez ni les rites de Dieu […] ».

Dans ce verset, les guirlandes (al-qalâ’id) désignent les choses que l’on accrochait à la bosse et au cou des chameaux pour indiquer qu’ils sont offerts à Dieu. Il s’agit d’une tradition abrahamique qui perdura pendant l’ère de la jâhiliyyah et que l’islam avalisa.

La réalité de la fête du Sacrifice

On le nomme : « Aïd al Adha » en référence à « Al Oudhiya » (le sacrifice), car c’est au moment de « Douhâ » (lever du jour) le jour de Al ‘îd que débute son temps.

Et Le Sacrifice est l’acte d’adoration que l’on accompli pour cette fête, c’est un acte de dévotion à l’Islam comme mentionné dans la parole d’Allah :

« Dis : « Ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’univers. » 

(Coran 6 Verset 162)

Saïd Ibn Djobaïr (cela signifie) : mon immolation (Tafsir Ibn Kathir 12/284).

Et selon Qatada : mon pèlerinage et mon immolation.

Et dans une autre version « mon offrande ».

(Tafsir al manâr 8/213)

L’acte de dévotion correspond donc à l’adoration, qui fait référence à l’offrande par lequel le serviteur se rapproche d’Allah.

Et il est le pluriel de « Nasîka » c’est à dire : la bête immolée (Adh Dhabiha).

Al Oudhiya (Le sacrifice) / Ad Dahiya (L’offrande), est le nom de celui qui est immolé parmi les bestiaux le jour du sacrifice ou durant les trois jours qui suivent l’îd (at-Tachrîq) pour se rapprocher d’Allah.

Selon Barâ bin ‘Âzib, le prophète (saw) a dit:

« Certes la première chose par laquelle nous commençons durant ce jour, c’est la prière.
Puis nous revenons et nous égorgeons.
Et celui qui fait cela aura certes pratiqué notre sounna.
Et celui qui égorge avant la prière, alors ce n’est que de la viande qu’il a apporté à sa famille et ce n’est en rien un sacrifice »

(Rapporté par Al Boukhâri et Muslim)

Et pour sa parole (saw) dans le hadith de Barâ bin ‘Âzib :

« Celui qui prie notre prière, puis sacrifie notre sacrifice aura certes réalisé le sacrifice (conforme).

Et celui qui sacrifie avant la prière, il a certes précédé la prière et il n’y a pas de sacrifice pour lui »

(Rapporté par Al Boukhâri)

La sagesse de la légifération du sacrifice

La légifération du sacrifice comporte des sagesses immenses parmi elles :

– Premièrement : Commémorer l’ami intime d’Allah : Ibrahim (as), dans l’étendue de son agrément à l’ordre de son Seigneur.

Allah a dit :

« Et nous le renforçâmes d’une immolation généreuse » 

(Coran 37 Verset 107).

Cette immolation qu’Allah a légiféré pour son ami intime Ibrahim (as).

– Deuxièmement : Une facilité pour toute la communauté en ce jour

Selon Noubaycha bin Abdillah (ra), le prophète (saw) a dit: 

« Ce sont certes des jours de nourriture, de boisson et de rappel d’Allah »

(As Silsilah As Sahihah)

-Troisièmement : Une association aux pèlerins

Comme les pèlerins feront leur offrande dans les lieux saints en tant qu’actes de dévotion, les gens des pays lointains le feront aussi chez eux.

-Quatrièmement : L’acquisition de la crainte pieuse

Allah dit :

« Ni leurs chairs ni leurs sangs n’atteindront Allah, mais ce qui L’atteint de votre part c’est la piété. Ainsi vous les a-t-Il assujettis afin que vous proclamiez la grandeur d’Allah, pour vous avoir mis sur le droit chemin. Et annonce la bonne nouvelle aux bienfaisants » 

(Coran 22 Verset 37)

-Cinquièmement : Concrétiser la diversité des adorations

Car si elles avaient été toutes d’une seule et même catégorie cela aurait été difficile aux gens.

Et cela fait partie des bienfaits d’Allah sur cette communauté. 

-Sixièmement :  Montrer la bonté de l’Islam

Et cela à travers la bienfaisance du sacrifice qu’à commander le Prophète (saw) en disant:  

« Allah a prescrit la bienfaisance dans toutes choses :  Ainsi si vous tuez, tuez convenablement, et si vous égorgez faites-le avec soin.
Que l’on aiguise la lame et qu’on épargne la bête de la souffrance »

(Rapporté par Muslim)

Le statut du Sacrifice

La majorité des savants sont unanimes qu’il s’agit d’une sounna fortement recommandée, car le prophète (saw) était assidu dans sa pratique.

Cela est confirmé par sa parole :

« Celui qui a les moyens mais ne pratique pas al-Oudhiya qu’il ne s’approche pas de notre lieu de prière »

(Sahih al Djami’)

Abou Hanifa et Ahmed sont d’avis que cela est obligatoire, et c’est l’avis de Cheikh al Islam Ibn Taymiya qui dit :

« Et concernant Le Sacrifice, ce qui est apparent c’est son obligation.
Et elle est certes parmi les plus important rites de l’Islam »

(Madjmou’ al Fatâwa 23/162). 

Et car Allah l’a mentionné en relation avec la prière dans sa parole :

« Accomplis-la Salât pour ton Seigneur et sacrifie. » 

(Coran 108 Verset 2)

L’avis mentionnant l’obligation du « Sacrifice » est plus fort que celui mentionnant la non-obligation, à condition d’avoir la capacité de le réaliser.

(Al moumti’ 7/422)

Et Le Sacrifice ne sera pas valide si les conditions liées à son temps, son caractère et à sa nature ne sont pas remplies.

Qui offre le sacrifice ?

Le sacrifice rituel est une sunna confirmée soumise à la suffisance familiale lorsque plusieurs personnes habitent le même foyer c’est-à-dire que, si l’un d’entre eux offre le sacrifice, cela exempte les autres. Lorsqu’une personne habite seule, le sacrifice devient une sunna d’ordre individuel (sunnat `ayn). Il faut néanmoins que l’offrande soit excédentaire par rapport aux besoins de l’individu pendant le jour et la nuit en cours, et à ses besoins vestimentaires pour la saison en cours, à l’instar de l’aumône volontaire. Il faut également qu’elle soit excédentaire par rapport à ses besoins pendant le jour de l’aïd et les trois jours du Tashriq car ces jours correspondent au temps imparti pour le sacrifice, tout comme le jour et la nuit de l’aïd correspondent au temps imparti pour l’aumône de la rupture du jeûne. Cependant, le sacrifice rituel est meilleur que l’aumône volontaire eu égard à la divergence qui existe sur son statut d’obligation. Ash-Shâfi`î dit :

« Je n’autorise pas celui qui en a les moyens d’y déroger. »

Ainsi est-il détestable pour le riche d’y déroger.

Par ailleurs, le sacrifice peut devenir obligatoire lorsqu’il correspond à un vœu (nadhr) en vertu du hadith selon lequel : 

« Quiconque fait vœu d’obéir à Dieu qu’il Lui obéisse. » 

(Rapporté par Al-Boukhâri et Muslim.)

En vertu de la Parole du Très-Haut : 

« Qu’ils s’acquittent de leurs vœux » 

(Coran 22 Verset 29)

Même si celui qui prend l’engagement vient à mourir, il est possible de le remplacer dans l’exécution du vœu qu’il a formulé avant son décès. Selon Malik, si l’on achète une bête avec l’intention de l’offrir en sacrifice, cela devient une obligation.

Les conditions du Sacrifice

-Le temps du Sacrifice

Il commence après la prière de l’aïd jusqu’au dernier jour de tashriq (qui sont les trois jours suivant l’aïd).

Le prophète (saw) a dit:

« Celui qui a égorgé sa bête avant d’avoir prié, qu’il en égorge une autre à sa place.
Et celui qui n’a pas égorgé jusqu’à ce que nous ayons prié qu’il égorge au nom d’Allah »  

(Rapporté par Al Boukhâri et Muslim).

Le nombre de jour pour sacrifier est de quatre (le jour de l’aïd et les trois jours de tashriq).

Dans le hadith de Djobaïr bin Mout’im dont la chaîne remonte jusqu’au prophète (saw), il est dit :

« […] Et tous les jours de tashriq sont des jours de sacrifice »

(Sahih al Djami’ 4537).

Mais le meilleur moment pour le sacrifice est le premier jour puisque le prophète (saw) a dit :

« Certes la première chose par laquelle nous commençons durant ce jour, c’est la prière. Puis nous revenons et nous égorgeons »

(Rapporté par Boukhâri et Muslim)

-Sa nature

Le Sacrifice n’est valide qu’avec le sacrifice d’une bête de troupeau : Les camélidés (chameau…), les bovins (bœuf…), les ovins (moutons…), comme l’a affirmé Allâh :

« Afin qu’ils prononcent le nom d’Allah sur la bête de cheptel qu’Il leur a attribué » 

(Coran 22 Verset 34)

Quel est le meilleur pour Le Sacrifice : Le bélier ou le bœuf ?

L’imam Malik est d’avis que le meilleur est la race des ovins, puis des bovins, puis des chameaux car le prophète (saw) sacrifiait deux béliers, et il faisait ce qu’il y avait de meilleur.

Quant à la majorité ils sont d’avis que le meilleur est le chameau, puis la vache, puis les ovins/caprins et enfin l’association de plusieurs personnes pour le sacrifice d’un chameau, d’une chamelle ou d’une vache.

– Son âge

Il est obligatoire que la bête est atteint l’âge minimal (mousinah), mais il est possible de sacrifier une bête plus âgé/adule (djadha’) parmi les ovins conformément au hadith de Djabir (ra) le prophète (saw) a dit :

« Sacrifiez seulement un animal ayant atteint l’âge minimal à moins que cela ne soit difficile pour vous dans ce cas une bête plus âgé/adulte parmi les ovins »

(Rapporté par Muslim).

Il existe une divergence entre les savants du fiqh concernant l’âge minimum des ovins : Certains disent qui entre dans la deuxième année (un an révolu), mais l’avis le plus correct est qu’il ait atteint six mois.

L’âge minimum pour les caprins est qui entre dans la deuxième année (un an révolu), pour les bovins qui entre dans la troisième année (deux ans révolus) et pour les camélidés de cinq ans.

Il fait partie de la sounna de sacrifier une bête bien portante.

Selon Abou Oumamah ibn Sahl (saw): 

« Nous avions pour habitude à Médine de sacrifier des bêtes bien portantes et les musulmans aussi sacrifiant des bêtes bien portantes »

(Rapporté par Al Boukhâri – Chapitre: Le sacrifice du Prophète avec deux béliers à deux cornes et bien portant).

– Sa description

Le Sacrifice ne sera valide que s’il s’agit d’une bête issue de troupeau et exempte de défauts, car Allah est bon et il n’accepte que ce qui est bon (Rapporté par Muslim).

Ne sera pas accepté la bête aveugle, borgne, ni la bête malade, très maigre ou boiteuse car le prophète (saw): 

« Quatre ne sont pas valable pour Le Sacrifice : La bête borgne dont le caractère borgne est évident, la bête malade dont la maladie est évidente, la bête qui boite de façon évidente, et la bête excessivement maigre »

(Al Irwâ)

L’association dans le sacrifice

Il est autorisé de s’associer pour le sacrifice s’il s’agit d’un camélidé, d’un bovin, en séparant la vache ou le chameau entre sept personnes, avec l’intention de se rapprocher d’Allah.

Selon Djâbir bin ‘AbdiLlah رضي الله عنه :

« Nous avons sacrifiés l’année de al Hudaybiyah avec le prophète (saw) un chameau pour sept et une vache pour sept »

(Rapporté par Muslim)

On a questionné le comité permanent (Al Ladjna ad Dâima) (numéro de la fatwa 2416) :

Est-il autorisé de s’associer dans Le Sacrifice, et quel est le nombre de musulmans qui peuvent s’associer ?
Doivent-ils être de la même famille ?
S’associer dans Le Sacrifice est-ce une innovation ou pas ?

Réponse:

Il est autorisé à un homme de sacrifier un ovin/caprin pour lui et sa famille.

Et la base en cela, est que le prophète (saw) sacrifiait un seul ovin/caprin pour lui et sa famille (unanimement reconnu).

Et il a été rapporté par Malik, Ibn Maja et Tirmidhi qui l’a authentifié que ‘Ata bin Yasâr :

« J’ai questionné Abou Ayoub al Ansari : « Comment était votre sacrifice au temps du prophète (saw) ? »
Il dit : « Au temps du prophète (saw) l’homme sacrifiait un ovin/caprin pour lui et sa famille. Ils en mangeaient et donnaient à manger, jusqu’à ce que les gens s’enorgueillirent et devinrent comme tu les vois ». »

Le chameau et la vache se divise entre sept personnes, qu’ils soient de la même famille ou non, qu’ils aient un lien de parenté ou non car le prophète (saw) a autorisé au compagnons de s’associer dans le sacrifice du chameau ou de la vache.

Sept personne pour une bête, et il n’a pas détaillé plus.

Allah est le plus savant.

Concernant les ovins, le partage se fait uniquement entre lui et les membres de son foyer, et il n’est pas permis de s’associer.  

Abou Ayoub al Ansar (ra) a dit : 

« Au temps du prophète (saw) l’homme sacrifiait un ovin/caprin pour lui et sa famille.
Ils en mangeaient et donnaient à manger, jusqu’à ce que les gens s’enorgueillirent et devinrent comme tu les vois ».

Et s’il en était ainsi dans les premiers temps, chez les compagnons et ceux qui les ont suivis (tabi’îne), qu’en est-il aujourd’hui ou la plupart des musulmans se sont éloignés de la guidée du Prophète(saw) ?!

La Description du sacrifice

Fait partie de la sounna d’immoler la bête avec sa main.

Dans le cas où il s’agit d’un bovin ou d’un ovin il faut coucher la bête sur son côté gauche, l’orienter en direction de la Qibla et que la personne mette son pied sur son flanc.

Au moment d’égorger il faut dire:

« Bismillâh wa Allahou Akbar, Ô Allah ceci est de toi et pour toi, ô Allah cela provient de moi (ou : « Ô Allah accepte cela de moi »et des gens de ma communauté » ou bien « cela provient d’untel » si Le Sacrifice a été déléguée à quelqu’un.

Et les preuves de cette description sont les suivantes :

-Hadith de Anas (ra) :

« Le prophète (saw) sacrifiait comme Oudhiya (saxrifice) deux béliers cornus, de couleur blanche avec un peu de noir.
Il égorgeait avec sa main en mentionnant le nom d’Allah et en disant « Allahou Akbar », et il posait son pied sur leur flancs »

(Rapporté par Al Boukhâri)

-Hadith de Aïcha (ra):

« Le prophète (saw) a ordonné qu’on lui apporte un bélier cornu qui avait du noir sur les pattes, le ventre et les yeux, et il lui a été apporté pour qu’il le sacrifie comme Oudhiya.
Et il m’a dit : « Ô Aïcha Viens à la maison ».
Puis il dit : « Aiguises-moi le couteau avec une pierre », ce que je fis.
Alors il prit le couteau, coucha le bélier et l’égorgea en disant : « Bismillâh ô Allah accepte de Mohammed, de la famille de Mohammed et de la communauté de Mohammed »

(Rapporté par Muslim)

-Hadith de ‘Abdallâh ibn ‘Omar (ra), où il est rapporté qu’il détestait manger une bête qui avait été égorgée dans une autre direction que la Qibla

(Rapporté par Abder Razaq dans son Mousanaf n°8585 et authentifié par cheikh al Albani dans Manâsik all Hadj wa al ‘Omra p33)

-Hadith de Djâbir (ra) où le prophète (saw) égorgea le jour de l’aïd deux béliers et dit: 

« Ô Allah, ceci est de toi et pour toi »

(Rapporté par Abou Daoud)

Et si Le Sacrifice fait partie des camélidés, il faut l’égorgée la patte gauche attachée.

Dans un hadith, Ibn ‘Omar (ra) est arrivé vers un homme qui avait fait accroupir son chameau pour l’égorger.

« Il lui dit alors : « Relève-le et attaches-le selon la sounna de Mohammed »»

(Rapporté par Al Boukhâri)

Et selon Abderrahmane Ibn Sâbit le prophète et ses compagnons égorgeaient le chameau debout avec la patte gauche attaché et appuyé sur ses autres pattes (Rapporté par Abou Daoud).

Il est interdit de vendre quoique ce soit du Sacrifice: ni son poil (laine…), ni sa peau.

Et nous ne donnons pas de salaire au boucher tiré du Sacrifice lui-même.

‘Ali (ra) a dit :  

« Le Messager d’Allah m’a ordonné de surveiller l’immolation des bêtes, et de distribuer en aumônes les viandes, les peaux, les laines et de ne pas donner de salaire au boucher provenant et la bête.
Et il dit : « Nous lui donnerons de ce que nous possédons »

(Rapporté par Muslim).

Ce qu’il est recommandé pour celui qui sacrifie

Il est recommandé pour celui qui  sacrifie de ne pas se couper les cheveux, ni de les raser, de ne pas s’épiler, ainsi que de ne pas couper ses ongles.

D’après Oum salamah (ra), le prophète (saw) a dit :

« Lorsque vous entrez dans les dix jours (de Dhoul Hijja) et que l’un d’entre vous veut sacrifier qu’il s’abstienne de se couper les cheveux et les ongles jusqu’à ce qu’il sacrifie »

(Rapporté par Muslim)

Et la sagesse en cela est de s’associer à ses frères qui sont en état de sacralisation durant le hadj. 

Il est recommandé à celui qui maîtrise le sacrifice de le faire lui-même en mentionnant le nom d’Allah et en disant Allâhu Akbar.

Le prophète (saw) sacrifiait un bélier en disant :

« Bismillâh Allâhu Akbar, cela vient de moi et de celui qui ne peut pas sacrifier parmi ma communauté » 

(Al Irwa)

Il est recommandé à la personne qui a sacrifiée de manger de son Oudhiya après l’avoir égorgée.

Selon Bourayda ibn Houssayb, le prophète (saw) ne sortait pas le jour de la fête de la rupture du jeûne (aïd al Fitr) sans avoir mangé, et il ne mangeait pas le jour de la fête du sacrifice (aïd al Adha) jusqu’à ce qu’il est prié (Sahih al djami’).

Et selon Salamah ibn al Akwa’, dans un hadith remontant jusqu’au prophète (saw) il dit :

« Mangez et Nourrissez et mettez de côté »

(Rapporté par Al Boukhâri)

Il est recommandé de donner en aumône ou d’offrir une partie du sacrifice.

Mais il n’est pas permis de vendre la viande ou la peau, ni d’en donner une partie au boucher, elle est pour Allah seul.

Et pour conclure, nous conseillons à l’ensemble de nos frères de réaliser (leurs actes) avec sincérité, elle qui est la base de l’acceptation de l’œuvre auprès d’Allah.

Et particulièrement dans cette adoration, ou beaucoup de musulmans, excepté ceux à qui Allah a fait miséricorde, ont détournés leurs intentions pour autres qu’Allah : Comme pour faire plaisir aux enfants ou se vanter devant les voisins.

Au point où certains s’ils ne peuvent pas acheter un bélier, ne voudront jamais sacrifier une chèvre alors qu’ils en ont les moyens, et cela à cause du regard des autres envers eux 

Ceci de par leurs ignorances.

Règles et bienséances du jour de l’Aïd

En Islam, le jour de l’Aïd symbolise la joie, l’adoration, la fraternité, la solidarité et la moralité. Tout musulman doit profiter de ce jour pour se rapprocher d’Allah le Très-Haut.


Le Prophète (saw) a dit : 

« Toute nation a ses festivités et voilà les vôtres. » 

Ici, le prophète indique que les deux Aïd sont des fêtes spécifiques aux musulmans.

Les musulmans n’ont pas de festivité à l’exception de l’Aïd al-Fitr et l’Aïd al-Adha. Anas (ra) a dit :

« Le Messager de Dieu (saw) vint à Médine et les habitants de cette cité avaient deux fêtes. Durant ces deux jours, des carnavals et des festivités avaient lieu. Le Prophète (saw) interrogea les Ansar (les musulmans de Médine) à ce propos. Ils lui répondirent qu’avant l’Islam ils avaient l’habitude d’organiser des carnavals durant ces deux jours de fête. Le Prophète (saw) leur dit : « À la place de ces deux jours, Allah a choisi deux autres jours qui sont meilleurs, ceux de l’Aïd al-Fitr et de l’Aïd al-Adha ». »

(Rapporté par Abû Daoud)

Ces deux fêtes font partie des signes d’Allah pour lesquels nous devons faire preuve de considération et dont nous devons comprendre le sens. Nous allons à présent évoquer les règles du jour de l’Aïd et ses bienséances.

Les règles du jour de l’Aïd :

Le jeûne : Il est illicite de jeûner le jour de l’Aïd selon le hadith d’Abû Saïd Al-Khudrî (ra) dans lequel il rapporte que le Prophète (saw) a interdit de jeûner le jour du Fitr et le jour de l’al-Adha. (Rapporté par Muslim)

Assister à la prière de l’Aïd : Certains savants sont d’avis que la prière de l’Aïd est Wajib (obligatoire) — ceci est l’opinion des savants Hanafites et de Sheikh Al-Islâm Ibn Taymiya. D’autres savants disent qu’elle est fard Kifâyah. Ceci est l’opinion des savants Hanbalites. Un troisième groupe de savants est d’avis que la prière de l’Aïd est une sunna mu’akkadah. Ceci est l’opinion des Malékites et des Shâfi`ites.

Accomplir des prières surérogatoires : Il n’y a pas de prières surérogatoires à accomplir avant ¨ni après la prière de l’Aïd. Ibn `Abbâs (ra) a rapporté que le Prophète (saw) avait l’habitude de sortir le jour de l’Aïd et de faire deux rak’ats sans les faire précéder ni suivre d’aucune autre prière. Ceci s’applique lorsque la prière est effectuée à l’extérieur. Cependant, si la prière de l’Aïd est effectuée dans une mosquée, il faut accomplir les deux rak’ats de salutation de la mosquée.

Les femmes qui assistent à la prière de l’Aïd : Selon la Sunna du Prophète (saw) tout le monde doit assister à la prière de l’Aïd et se comporter avec droiture et piété. La femme indisposée ne doit pas négliger le rappel d’Allah ni éviter les lieux où l’on se rassemble pour rechercher la science et évoquer Allah — à l’exception des mosquées. Les femmes, bien entendu, ne doivent pas sortir sans leur hijab.

Les bienséances de l’Aïd :

Le Ghusl (le bain rituel) : Une des bonnes manières lors du jour de l’Aïd est de prendre le bain rituel avant de se rendre à la prière. On rapporte que Sa`îd Ibn Jubayr a dit :

« Trois choses sont sunna le jour de l’Aïd : marcher (vers le lieu de prière), prendre le bain rituel et manger quelque chose avant de sortir (s’il s’agit de l’Aïd al-Fitr). »

Manger avant de sortir : Il ne faut pas se rendre au lieu de prière le jour de l’Aïd al-Fitr sans avoir mangé quelques dattes. Le hadith rapporté par Al-Boukhâri selon Anas Ibn Malik stipule : 

« Le Messager de Dieu (saw) ne sortait jamais le matin de l’Aïd al-Fitr sans avoir mangé quelques dattes et il en mangeait un nombre impair. » 

En ce qui concerne l’Aïd al-Adha, il est recommandé de ne pas manger avant la fin de la prière lorsqu’il s’agit de manger la viande du sacrifice.

– Le Takbîr le jour de l’Aïd : C’est une des plus grandes sunna de ce jour. Ad-Dâraqutnî et d’autres ont rapporté que lorsque ’Umar (ra) sortait le jour de l’Aïd al-Fitr ou de l’Aïd al-Adha, il s’efforçait de faire le Takbîr tout le long du chemin vers le lieu de prière et il continuait jusqu’à l’arrivée de l’Imam.

Se féliciter mutuellement : Les musulmans pourront échanger des vœux, peu importe la forme. Ils peuvent, par exemple, dire :

« Taqabbal Allâhu minnâ wa minkum »
(qu’Allah agrée nos bonnes actions et les vôtres).

Jubayr Ibn Nufayr a dit : 

« Au temps du Prophète (saw) lorsque les musulmans se rencontraient le jour de l’Aïd, ils disaient « Taqabbal Allâhu minnâ wa minka’ » 

(Rapporté par Ibn Hajar)

Porter ses plus beaux vêtements : Jâbir (ra) a dit : 

« Le Prophète (saw) avait une cape qu’il portait le jour de l’Aïd et le vendredi. » 

Al-Baïhaqi a rapporté qu’Ibn `Umar portait ses plus beaux vêtements le jour de l’Aïd, les hommes pouvaient alors montrer les plus beaux vêtements qu’ils possédaient lorsqu’ils sortaient pour la prière.

– Changer de chemin en revenant du lieu de prière : 

« Jâbir Ibn `Abdillah (ra) a rapporté que le Prophète (saw) empruntait un chemin différent en revenant de la prière de l’Aïd. » 

(Rapporté par Al-Boukhâri) 
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