Rappels Islamiques

Les cinq prescriptions applicables aux actes en Islam


Louange à Allah, que la prière et le salut soient sur son prophète Mohamed sur sa famille et sur tous ceux qui le suivent jusqu’au jour de la résurrection


Les cinq prescriptions sont : l’obligatoire, l’interdit, le préférable, le détestable, le permis.

L’Obligatoire

Définition :
C’est ce que le législateur a ordonné en l’imposant.

Explication de la définition

« Le législateur » : c’est Allah ou son prophète. Allah est le législateur suprême, tandis que le messager transmet ce qui provient d’Allah tout en étant un législateur pour les adorateurs d’Allah.

« Ce que le législateur a ordonné » : on appelle « obligation légal » ou « obligation religieuse » toute obligation formulé par le législateur, par opposition à l’obligation non religieuse formulé par un autre que le législateur.

Exemple : ton grand frère t’ordonne de faire quelque chose. Ceci n’est pas une obligation légale (religieuse). Il faut donc se méfier des expressions telles que « il faut faire ceci » dans les cercles de discussion religieuses car cette formule exprime l’obligation légale

Exception faite de l’ordre formulé par un chef. C’est une obligation légale tant qu’elle n’est pas une désobéissance car il nous a été ordonné d’obéir à ceux qui détiennent le commandement.

« Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux qui détienne le commandement parmi vous »
(Coran 4 Verset 59)

« En l’imposant » : ceci permet de distingué l’obligatoire du préférable.

Les implications de l’obligatoire
Son auteur est récompensé s’il le fait par obéissance, et il mérite le châtiment s’il le délaisse.

Explication

S’il ne le fait pas avec l’intention d’obéir à Allah, il ne reçoit pas de récompense.

« Il mérite le châtiment », nous n’avons pas dit « il est châtié » car Allah peut très bien lui pardonner. Il mérite le châtiment. Puis il ce peut qu’il soit châtié et il ce peut qu’il ne le soit pas.
« Allah ne pardonne pas qu’on lui donne des associés et pardonne ce qui est en dessous »
(Coran 4 Verset 48)

Remarque :

On peut reconnaître le caractère obligatoire d’une chose par le fait qu’il est stipulé que son auteur mérite tel ou tel châtiment s’il le délaisse.

Le Préférable

Définition
C’est ce que le législateur a ordonné sans l’imposé.

Explication de la définition

L’obligatoire et le préférable se distinguent dans la deuxième moitié de la définition. Les cinq prières quotidiennes sont obligatoires, tandis que les deux unités de prières (rak’ât) après le Duhr son préférables. On dit aussi qu’elles sont Sounna.

Les implications du préférable
Son auteur est récompensé s’il le fait par obéissance, et il n’est pas châtié s’il le délaisse.

Le mot Sounna

Il faut faire attention avec ce terme car dans le langage technique et moderne il désigne le préférable, tandis que le prophète et les compagnons l’utilisaient aussi bien pour désigner un acte obligatoire qu’un acte préférable.

Exepmple : dans Al Boukhari, d’après Talha Ibn Abdillah Ibn Awf (ra):

« J’ai prié la prière funèbre derrière ibn Abbas. Il récita la Fatiha à haute voix. Puis il dit : j’ai fait cela afin que vous sachiez que la Fatiha est une Sounna. »

C’est-à-dire que la Fatiha est une obligation.

La Sounna Mou-akkada

Ce n’est pas une obligation, mais le législateur a insisté dessus de sorte que celui qui ne l’accomplie perd une grande récompense, sans toutefois commettre un péché.

Le proscrit

Définition
C’est ce que le législateur a interdit d’accomplir en l’imposant.

Explication

« Ce que le législateur a interdit » : l’interdiction – comme nous le verrons plus loin – est une demande autoritaire de délaissé une chose.

L’implication de l’interdit
Son auteur mérite le châtiment, tandis que s’il le délaisse par obéissance, il sera récompensé.

Explication

« Son auteur mérite le châtiment», en effet, le châtiment n’est pas automatique. Allah peut lui pardonner, comme il peut le châtié.

« S’il le délaisse par obéissance », s’il le délaisse par habitude et non par obéissance, il ne sera pas récompensé. S’il le délaisse parce qu’il n’a pas pu le faire mais a exprimé son intention, il ne sera pas récompensé et recevra des péchés.

Le Détestable

Définition
C’est ce que le législateur a interdit d’accomplir sans toutefois l’imposer.

Explication de la définition

Le prophète nous a interdit de prendre une chose ou de la donner en utilisant la main gauche. Cette interdiction a pour jugement : « Détestable ». C’est-à-dire qu’il est détestable de donner ou de prendre par la main gauche. Tandis que boire et manger de la main gauche est proscrit.

« Sans l’imposer » : C’est ce qui permet de distinguer le détestable du proscrit.

L’implication du détestable

Son auteur ne sera pas châtié, tandis que s’il le délaisse par obéissance, il sera récompensé.

Explication

« Son auteur ne sera pas châtié », on ne doit pas se laissé trompé par cette prescription, car si le législateur a demandé de le délaisser, c’est qu’il y a une raison : la chose détestable peut être un pont vers la chose interdite. Le législateur ne nous a pas imposé son délaissement afin de ne pas charger la communauté. Les petites désobéissances peuvent mener au grande qui à leur tour peuvent mener au « Koufr » (mécréance).

« S’il le délaisse par obéissance, il sera récompensé. », s’il le délaisse par habitude et non par obéissance, il ne sera pas récompensé. S’il le délaisse parce qu’il n’a pas pu le faire mais a exprimé son intention ou a agit dans ce but, il ne sera pas récompensé et recevra des péchés.

Le terme Makrouh

Le détestable est exprimé en arabe par le terme makrouh. Cependant certain Savant parmi les prédécesseurs l’utilisaient avec le sens de « proscrit ». C’est le cas de l’Imâm Ahmad et l’imâm Châfi’i. Le mot est utilisé aussi dans le Coran avec ce sens (Coran 17 Versets 38).

Le permis

Définition
C’est ce sur quoi n’est appliqué aucun ordre ni aucune interdiction de quelque manière que ce soit.

Explication de la définition

« Aucun ordre », permet d’exclure l’obligatoire et le préférable

« Aucune interdiction », permet d’exclure le proscrit et le détestable.

« De quelque manière que ce soit », par opposition aux choses qui sont en eux même permis mais qui ont fait l’objet d’une interdiction parce qu’elles mènent vers des interdit ou d’un ordre parce qu’elles sont indispensable à l’accomplissement d’une obligation.

Règles Fondamentales
La règle de base :
Les moyens ont les mêmes prescriptions que leur fin.

Explication

« Les moyens », en arabe « waçâ-il » qui est le pluriel de « wacîlat ». Les savants d’Oussoul

Al Fiqh l’on définit comme suite :

On appelle « wacîlat » tout moyen menant inexorablement – ou a de forte probabilité de mener- à une finalité déterminée.

« Ont les mêmes prescriptions que leur fin » : toute chose menant à un interdit est lui-même interdit. De même pour le détestable.

Exemple : Je veux vendre mon walkman à une personne sur lequel je sais pertinemment qu’il écoutera de la musique proscrite. La vente du Walkman à cette personne m’est interdite.

De même, si c’est un moyen menant à une chose détestable, il est alors lui-même détestable.

En lui-même le Walkman ne fait l’objet d’aucune interdiction de la part du législateur puisqu’il n’existait pas à l’époque du prophète (saw). Il est donc considéré par défaut comme permis. Mais s’il est utilisé à des fins illégales, il devient illégal.

Si un acte obligatoire ne peut être réalisé qu’en passant par un autre acte, alors ce dernier devient obligatoire. De même pour le détestable.

Exemple : Il est obligatoire pendant les ablutions que l’eau touche la peau. Frotter énergiquement les bras pendant les ablutions est un acte préférable. Mais si la personne qui accompli les ablutions possède beaucoup de poils et que ceux-ci empêchent l’eau de toucher la peau, Alors le frottement devient pour lui obligatoire.

Exemple : Acheter l’eau est un acte permis. Accomplir les ablutions pour la prière est un acte obligatoire. Si la personne qui s’apprête à faire la prière ne trouve pas d’autre source d’eau que la petite fille qui vend sont eau, alors il devient obligatoire pour lui d’acheter cette eau.

Remarque : le législateur n’a pas étayé la prescription de toutes choses de manière explicite, mais nous a donnée des outils qui nous permettent de donner à chaque chose sa prescription religieuse. Ces outils consistent en des règles générales tirés du Coran et de la Sounna. Ceci est l’explication de la parole d’Allah :

« Et nous avons expliqué toute chose de manière détaillé »
(Coran 17 Verset 12)

Ainsi que la parole du prophète (saw) :

« Il ne reste rien de ce qu’Allah vous ait ordonné que je ne vous ai ordonné et il ne reste rien de ce qu’Allah vous a interdit que je ne vous ai interdit ».

Donc l’explication se fait tantôt au moyen de règles générales qui s’appliquent à énormément de cas, comme par exemple la parole du prophète (saw)
« Toute innovation est égarement »

Les innovations sont innombrables. C’est la définition générale de l’innovation qui va nous permettre de les reconnaître. Et tantôt au moyen d’une explication direct de la chose qui nous dispense de revenir à ces règles générales. Comme par exemple l’héritage qui est détaillé dans le Coran.

Les implications du permis
Tant que le permis conserve son état « permis », il n’est attaché à aucune récompense, ni à aucun châtiment.

Explication

« Tant que le permis conserve son état « permis » », c’est-à-dire tant que la chose permise ne fait pas l’objet d’un ordre ou d’une interdiction à cause de l’une des raisons que nous avons évoqué plus haut.

« Il n’est attaché à aucune récompense, ni à aucun châtiment. », Si une personne mange sans aucune intention particulière, il ne reçoit alors aucune récompense, ni aucun péché. Mais si sont intention est de préserver son corps et de goûter aux bienfaits d’Allah, alors il sera récompensé.

Le permis est appelé « Halal ». C’est le terme le plus employé dans le Coran.

Résumé des règles
Lorsque le permis est un moyen menant à l’interdit, il devient alors lui-même interdit.
Lorsque le permis est un moyen menant au détestable, il devient alors lui-même détestable.
Lorsque le permis est le seul moyen menant à l’obligatoire, il devient alors  lui-même obligatoire.
Lorsque le permis est le seul moyen menant au préférable, il devient alors lui-même préférable.


Et Allah seul détient La Vérité
Sur ce, Que la Paix de Dieu soit sur vous et vous accompagne partout où vous êtes.

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